le conseil scientifique craint des hôpitaux débordés « d’ici à quelques semaines »


Un médecin affecté à un patient atteint de Covid-19, aux urgences de l’hôpital La Timone, à Marseille, le 11 septembre.

« Il faut apprendre à vivre avec, mais cette vie sera différente. » C’est un horizon de long terme, bien loin de celui auquel les Français pouvaient encore aspirer il y a quelques mois, que le conseil scientifique trace dans son nouvel avis. Remis le 22 septembre aux autorités, mais rendu public seulement le 1er octobre, ce document de 42 pages dresse un constat alarmant de la situation épidémique et souligne « l’urgence d’agir » pour en reprendre le contrôle. Les modélisations sur lesquelles il s’appuie anticipent – si rien n’était fait – un débordement des capacités hospitalières dans plusieurs régions dès le 1er novembre, avec plusieurs milliers de décès à la clé.

« Le virus a commencé à circuler chez les jeunes cet été mais, faute de mesures barrières suffisantes, on observe actuellement un phénomène de propagation à l’ensemble des groupes d’âge », constate le conseil scientifique, qui craint de voir les hôpitaux débordés d’ici « quelques semaines », avec, à la clé, une « augmentation de la mortalité liée au Covid-19, mais aussi d’autres maladies suite à une désorganisation du système de soins ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : comment les scientifiques jugent la stratégie sanitaire française

Les scientifiques rappellent que l’immunité de la population – entre 3 % et 10 % selon les régions – « ne permet pas d’envisager la circulation libre du virus ». Selon leurs estimations, mi-septembre, le nombre de nouveaux cas quotidiens s’élevait à 25 000 avec un doublement des cas toutes les deux semaines. La « situation semble moins préoccupante qu’en mars dernier » – avec 100 000 cas quotidiens et un doublement tous les trois jours –, mais « elle peut rapidement conduire, en l’absence de nouvelles interventions, à des situations critiques à court ou moyen terme dans certaines régions », avertissent les auteurs.

Le conseil, qui estime « encore possible » de ralentir la circulation du virus, liste quatre options possibles : s’en tenir aux mesures déjà prises, prendre « des mesures différenciées » en fonction des risques liés à l’âge et à l’état de santé, combiner « des mesures de portée limitée » – comme le télétravail – faisant appel à « l’adhésion volontaire », ou prendre « des mesures fortes et plus contraignantes » – comme le couvre-feu. Mis en œuvre en Guyane à partir du mois de juillet – les habitants n’avaient plus de droit de circuler à partir de 17 heures –, il avait permis de faire baisser le taux de reproduction – le R0 dans le jargon – de 1,7 à 1,1.

Il vous reste 70.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: