le centriste Carlos Mesa veut fédérer les anti-Morales


Carlos Mesa, le 18 octobre à Santa Cruz.

C’est sa seconde tentative en un an. Comme pour l’élection du 20 octobre 2019, Carlos Mesa se présente au scrutin présidentiel face au Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti de l’ex-président Evo Morales (2006-2019). L’année passée, il était arrivé deuxième, derrière Morales, avant l’annulation du vote à la suite d’accusations de fraude. Cette année encore, les sondages le placent derrière le candidat du MAS, l’ancien ministre de l’économie Luis Arce, donné favori s’il parvient à être élu dès le premier tour, dimanche 18 octobre. Mais en cas de second tour, le 29 novembre, M. Mesa sera en meilleure posture, s’il parvient à unifier les candidats anti-MAS – un candidat peut être élu au premier tour s’il obtient plus de 40 % des voix avec au moins dix points d’avance sur ses concurrents.

Cet intellectuel de 67 ans, ancien journaliste prestigieux, représentant des classes moyennes traditionnelles de l’aile occidentale du pays, a déjà été chef de l’Etat bolivien, entre 2003 et 2005. Son arrivée au pouvoir s’était faite dans un contexte de mobilisations populaires, de convulsion sociale et de violences. Le président d’alors, Gonzalo Sanchez de Losada, avait été contraint à la démission à la suite de la « guerre du gaz » pour réclamer la nationalisation des hydrocarbures. La répression des manifestations avait fait au moins 70 morts. Après la démission et la fuite de M. Sanchez de Losada aux Etats-Unis, son vice-président, Carlos Mesa, le remplaça à la tête de l’Etat.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Bolivie : le mandat sans gloire de la présidente par intérim Jeanine Añez

Fils de deux architectes et historiens renommés, Teresa Gisbert et José de Mesa, diplômé en sciences politiques et en lettres de l’Université Complutense de Madrid, il refuse d’être étiqueté « représentant des élites blanches », comme le qualifient les partisans du MAS. « Cela voudrait dire qu’Evo Morales, qui a la peau sombre, ne représentait pas le reste de la Bolivie. C’est absurde », expliquet-il lors d’un entretien au Monde, vendredi, deux jours avant le scrutin. « Comme président, je serai le président de l’ensemble des Boliviens », insiste-t-il.

« Fraude monumentale »

Son principal argument de campagne : empêcher le retour du MAS au pouvoir, un parti selon lui « autoritaire » qu’il accuse d’avoir réalisé une « fraude monumentale » en octobre 2019. Et d’avertir : si Evo Morales, exilé en Argentine, revient en Bolivie, « ce sera pour rendre des comptes devant la justice ». Alors que, en octobre 2019, Carlos Mesa avait appelé les Boliviens à se mobiliser contre le Tribunal supérieur électoral (TSE), il assure que, cette fois, il « reconnaîtra le résultat de l’élection », et ce, quel que soit ce résultat.

Il vous reste 58.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: