L’avocat Arié Alimi, figure émergente de la gauche militante


L’avocat de la famille Chouviat, Arié Alimi, prend la parole lors d’une marche blanche à la mémoire de Cédric Chouviat, à Paris le 3 janvier.

En ce jour pluvieux de janvier, quand il arrive dans son cabinet parisien du 17e arrondissement, Arié Alimi est heureux. Heureux, parce que son essai, Le Coup d’état d’urgence, va bientôt sortir (Seuil, 180 p., 15 euros, en librairie le 21 janvier). Heureux, parce que l’année 2020 s’est achevée sur la forte mobilisation contre la loi « sécurité globale », lui qui est l’une des chevilles ouvrières de la coordination contre le texte. Heureux, enfin, parce qu’il vient d’avoir un nouveau client, et pas des moindres : Jean-Luc Mélenchon, dans les dossiers de comptes de campagne.

Représenter l’un des leaders de la gauche, candidat à la présidentielle, sur un point aussi sensible, n’est pas anecdotique. Cela montre que l’avocat pénaliste de 44 ans, par ailleurs membre du bureau national de la Ligue des droits de l’homme (LDH), se pose aujourd’hui en point de rencontre de la gauche de la gauche. Il est apparu médiatiquement en 2014, lorsqu’il représentait la famille de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste mort sur le barrage de Sivens après le tir d’une grenade offensive par des gendarmes. Depuis, on le voit de plus en plus dans les mobilisations contre les violences policières ou l’islamophobie, comme lors de la manifestation du 10 novembre 2019. Il est aussi l’un des avocats d’Oxfam, dans « L’affaire du siècle », où des ONG poursuivent l’Etat pour son inaction en matière de réchauffement climatique.

Figure émergente du mouvement social, donc, Arié Alimi est aussi une personnalité clivante. Ses prises de position tranchées, Me Alimi les assume. « Chacun peut avoir une vision du rôle d’avocat, y compris politique. Le droit est un outil, l’arme la plus puissante qui soit », résume-t-il. Dans son livre à paraître, il mène donc bataille pour « renforcer l’Etat de droit ». Il a voulu écrire un « manifeste » contre, dit-il, les multiples atteintes aux libertés fondamentales depuis l’instauration de l’état d’urgence, en 2005, au moment des émeutes en banlieue, jusqu’à l’état d’urgence sanitaire de 2020. Un texte qui marque, selon lui, un tournant, où « la totalité de la population française a été assignée à résidence, mise sous surveillance généralisée », chaque citoyen étant considéré comme un « danger potentiel ».

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La double casquette « avocat et militant » est revendiquée par Arié Alimi. Son modèle est Gisèle Halimi : « Elle faisait du droit et de la procédure dans l’enceinte judiciaire et de la politique à l’extérieur », explique-t-il. Jacques Vergès aussi, sûrement pour un goût partagé de la provocation, même si « la défense de rupture qui instrumentalise l’accusé » n’est pas du goût de Me Alimi.

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