l’ancien général afro-américain Lloyd Austin prend la tête du Pentagone


Le nouveau ministre américain de la défense, Lloyd Austin, le 19 janvier à Washington DC.

Le Congrès américain a confirmé à une large majorité, vendredi 22 janvier, la nomination de l’ex-général Lloyd Austin au poste de ministre de la défense. M. Austin, 67 ans, devient le premier Afro-Américain à diriger le Pentagone et est le deuxième membre du gouvernement de Joe Biden dont la nomination a reçu le feu vert des élus, après la directrice du renseignement, Avril Haines.

« C’est un honneur et un privilège de devenir le 28e ministre de la défense de notre pays, et je suis particulièrement fier d’être le premier Afro-Américain à occuper ce poste, a aussitôt tweeté le nouveau ministre. Maintenant, au travail. »

La nomination de l’ex-général de l’armée de terre, qui a notamment combattu en Irak et en Afghanistan avant de devenir le premier homme de couleur à diriger le commandement central de l’armée américaine (Centcom), a été approuvée au Sénat par 93 voix contre 2.

La veille, les deux chambres du Congrès avaient accordé une dispense au général retraité depuis 2016, au titre d’une réglementation disposant qu’un ancien militaire doit être à la retraite depuis plus de sept ans pour devenir ministre de la défense. Depuis l’adoption en 1947 de cette règle destinée à assurer un contrôle civil étroit sur les militaires, seules deux dispenses ont été approuvées : la première en 1950 pour George Marshall, qui venait de mettre en œuvre son plan éponyme de reconstruction de l’Europe, et la deuxième pour Jim Mattis en 2016.

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« Je ferai tout pour débarrasser nos rangs des extrémistes »

M. Austin s’est engagé à lutter contre l’extrémisme au sein de l’armée américaine, après la participation de militaires en civil à l’assaut contre le Capitole mené par des partisans de Donald Trump. « Je ferai tout pour débarrasser nos rangs des racistes et des extrémistes », a-t-il assuré mardi devant la commission des forces armées du Sénat, alors que douze soldats de la garde nationale américaine avaient été écartés du dispositif de sécurité de la cérémonie d’investiture de Joe Biden, après la recherche d’éventuels liens avec des groupes extrémistes.

Mais il s’est aussi engagé à faire de l’épidémie de Covid-19 sa première priorité. « Elle a tué plus de 400 000 Américains. Ce sont tout simplement des pertes démesurées », a-t-il jugé, estimant que le Pentagone pourrait en faire davantage pour lutter contre la maladie.

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M. Austin a fait savoir aux élus qu’il avait l’intention de réexaminer les retraits militaires d’Allemagne et de Somalie voulus par Donald Trump, mais il a soutenu le retrait d’Afghanistan. « Je voudrais voir ce conflit s’achever avec un accord négocié », a-t-il déclaré, jugeant préférable de « se focaliser sur les opérations antiterroristes à l’avenir ».

Issu de la prestigieuse académie militaire de West Point, le général Austin s’était reconverti dans l’industrie de la défense, comme nombre de ses prédécesseurs. Il siégeait notamment au conseil d’administration de Raytheon Technologies, et il a promis de se désister de toute décision mettant en cause son ancien employeur.

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Le Monde avec AFP





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