Lamine Diack, ex-patron de l’athlétisme mondial, condamné à quatre ans de prison pour corruption


Lamine Diack le 16 septembre 2020 à Paris.

L’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), de 1999 à 2015, Lamine Diack a été condamné, mercredi 17 septembre à Paris, à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour son implication dans un réseau de corruption voué à cacher des cas de dopage en Russie.

Ressorti libre à l’issue de la lecture du jugement, le Sénégalais de 87 ans a annoncé par la voix de son avocat qu’il ferait appel. Il a été reconnu coupable de corruption active et passive et d’abus de confiance et a été condamné à une amende maximale de 500 000 euros.

Lamine Diack et son fils de 55 ans, Papa Massata Diack, qui dirigeait le marketing à l’IAAF, étaient jugés pour avoir permis de retarder, à partir de fin 2011, des procédures disciplinaires à l’encontre d’athlètes russes soupçonnés de dopage sanguin, dont certains avaient été sacrés aux Jeux olympiques de Londres-2012 (Kirdyapkin sur l’épreuve du 50 km marche, Zaripova sur celle du 3 000 m steeple) avant d’être déchus pour dopage.

Derrière cette indulgence, il y a ce « deal » rocambolesque, révélé par Lamine Diack lui-même durant l’enquête : le renouvellement de contrats de sponsoring et de diffusion de l’IAAF avec la banque d’Etat russe VTB et la télévision publique RTR, ainsi que des fonds pour financer l’opposition au sortant Abdoulaye Wade lors de la présidentielle de 2012 au Sénégal. L’affaire a généré le scandale du système de dopage institutionnel en Russie, qui pourrait coûter au pays de Vladimir Poutine sa place aux JO-2020 l’été prochain.

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Six prévenus

Parmi les six prévenus, tous reconnus coupables, la peine la plus lourde a été prononcée contre Papa Massata Diack, qui est resté à Dakar et avait refusé de comparaître au procès en juin : il a été condamné à cinq ans de prison ferme et un million d’euros d’amende et le tribunal a maintenu le mandat d’arrêt à son encontre.

Des peines de prison ont été prononcées à l’encontre des autres protagonistes : deux ans avec sursis et 140 000 euros d’amende pour l’ancien chef de l’antidopage à l’IAAF, Gabriel Dollé ; trois ans de prison dont deux avec sursis et 100 000 euros d’amende pour l’avocat Habib Cissé, qui conseillait Lamine Diack ; deux responsables russes jugés en leur absence, l’ancien président de la fédération nationale d’athlétisme Valentin Balakhnichev et l’ancien entraîneur Alexeï Melnikov ont été condamnés respectivement à trois et deux ans de prison ferme, avec maintien du mandat d’arrêt à leur encontre.

Pour punir une « infraction énorme à la probité qui a causé un préjudice mondial », et même s’il est « au soir de sa vie », les procureurs financiers avaient requis quatre ans de prison et une amende maximale de 500 000 euros contre le Sénégalais, une figure du sport international, lors de son procès en juin pour corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée.

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Lamine Diack était aussi poursuivi pour avoir aidé son fils à capter plusieurs millions d’euros dans les négociations avec des sponsors. « J’ai refusé de déférer à la justice française parce qu’elle a manqué d’impartialité », a de nouveau expliqué Papa Massata Diack lundi.

Durant le procès, au milieu de réponses parfois décousues ou inaudibles, Lamine Diack avait mis en avant son bilan à l’IAAF, se présentant comme un leader ayant « universalisé » l’athlétisme et éludant les questions les plus sulfureuses.

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Le Monde avec AFP



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