L’accélération de l’épidémie de Covid-19 inquiète dans les prisons, où l’afflux de détenus a repris


A la maison d'arrêt de La Talaudière, dans la Loire, en juillet 2020.

Comme pour le reste de la population, les chiffres sur la reprise de l’épidémie de Covid-19 derrière les murs des prisons sont mauvais. Selon les données hebdomadaires, remontées mardi 27 octobre à l’administration pénitentiaire par l’ensemble des établissements, on dénombre 171 détenus positifs au cours de la semaine, contre 117 une semaine plus tôt et 88 le 12 octobre. L’accélération de l’épidémie se mesure également parmi les personnels pénitentiaires avec 431 personnes dont le test est positif, contre 287 il y a huit jours et 188 il y a deux semaines.

Alors que l’administration pénitentiaire a mis en place, le 14 octobre, une nouvelle stratégie sanitaire pour graduer les mesures et les restrictions d’activités dans les prisons en fonction de la situation sanitaire du département (alerte, alerte renforcée, alerte maximale) ou de la présence d’un cluster dans l’établissement, les emballements épidémiques semblent pouvoir être maîtrisés localement. « Il est plus facile d’identifier les cas contacts en prison qu’à l’extérieur », reconnaît-on au sein de la direction de l’administration pénitentiaire. Et les précautions sont restées plus strictes qu’ailleurs depuis la fin du confinement, avec une quatorzaine imposée pour tous les nouveaux entrants en prison et pour les détenus de retour d’une permission ou d’une audience au tribunal.

A la prison de Fresnes (Val-de-Marne), alors que 489 détenus sont aujourd’hui confinés, soit plus du tiers d’entre eux, la dernière campagne de test a révélé 36 personnes diagnostiquées positives, contre 47 la semaine précédente. A Toulouse-Seysses, la maison d’arrêt où il y a le plus de matelas au sol, le nombre de cas positifs est stable, à 8, malgré une campagne de dépistage plus vaste que la précédente.

Lire aussi : La prison de Toulouse-Seysses sommée de dépister et de fournir des masques aux détenus

Néanmoins, la liste des prisons touchées s’allonge dans toutes les régions avec par exemple cette semaine Longuenesse (Pas-de-Calais), Pau ou Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Avec des conséquences lourdes sur la vie en détention.

Fonctionnement « sclérosé »

Le port du masque est obligatoire pour le personnel pénitentiaire et désormais pour les détenus dès la sortie de la cellule dans tous les établissements. Le mot d’ordre est le maintien des parloirs avec les familles coûte que coûte, sauf pour les détenus positifs et les cas contacts. Mais la paroi de Plexiglas dans les box de parloirs est désormais la norme.

« Plus une seule activité collective n’est maintenue depuis deux semaines à la maison d’arrêt de la Santé [à Paris], indique sa directrice adjointe, Flavie Rault, par ailleurs secrétaire générale du Syndicat national des directeurs pénitentiaires CFDT. Notre fonctionnement est en train d’être complètement sclérosé, entre la multiplication des quatorzaines, l’arrêt des activités et la hausse massive du nombre de nouveaux entrants depuis septembre. »

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