la semaine où Macron s’est converti au couvre-feu


Dans un restaurant de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), lors de l’entretien télévisé d’Emmanuel Macron annonçant le couvre-feu, le 14 octobre.

Le coronavirus est entré par effraction à l’Elysée. Encore. Ce vendredi 9 octobre, Emmanuel Macron a les chiffres sous les yeux : plus de 20 000 nouveaux cas viennent d’être diagnostiqués dans tout le pays sur une journée. Un record depuis que la France s’est mise à tester massivement sa population. Le chef de l’Etat ne s’attendait pas à ce que le rebond intervienne aussi tôt. En juillet, rappelle son entourage, les scientifiques prédisaient que la reprise de l’épidémie n’interviendrait pas avant octobre ou novembre. Mais le Covid-19 a déjà refait son nid. Il n’est plus temps de vanter les mérites du plan de relance ou d’espérer dessiner les « jours heureux ». « Il y a un maître des horloges qui s’appelle le Covid », doit bien reconnaître Emmanuel Macron. La deuxième vague est là.

Cela fait des semaines que le ministre de la santé, Olivier Véran, joue les Cassandre. Mais l’attention qui lui est portée a fléchi. Après tout, se dit-on, le neurologue prêche pour sa paroisse, celle des scientifiques, qui portent ostensiblement le masque sur les plateaux de télévision pour montrer à quel point le péril reste majeur. Dans le labyrinthe du ministère de l’avenue Duquesne, monolithe froid comme un hôpital, les équipes assument de défendre une « ligne sanitaire dure ». Voilà qu’on les écoute à nouveau.

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« La santé », comme on l’appelle dans les couloirs du pouvoir, a une idée à vendre pour freiner la propagation du virus : un couvre-feu, à l’image de celui instauré en Guyane après le confinement. Fin septembre, le conseil scientifique suggérait déjà de l’instaurer « pour une durée limitée par exemple de quinze jours dans un nombre limité de métropoles ». Mais l’exécutif préférait reculer l’heure des « décisions difficiles » suggérées par le président de l’instance, Jean-François Delfraissy.

Le premier ministre, Jean Castex, achète tout de suite cette nouvelle proposition. Lui aussi est un « dur » sur le plan sanitaire. Lorsqu’il coordonnait la stratégie de déconfinement du pays, au printemps, il s’était affronté au ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, trop pressé selon lui de rouvrir les écoles.

« J’ai vu les chiffres. Ce n’est pas une courbe, c’est un mur ! », souffle le chef du gouvernement devant ses proches. Des projections réalisées par l’institut Pasteur prévoient que les services de réanimation dans les hôpitaux pourraient être saturés à la mi-novembre. En Ile-de-France, les modèles montrent que, si rien n’est fait, entre 800 et 1 000 lits de réanimations pourraient être occupés par des patients Covid-19 d’ici à la fin d’octobre. Ce n’est pas encore le niveau de la première vague – 2 700 lits avaient été mobilisés au pic de l’épidémie – mais cela impose quand même de déprogrammer un grand nombre d’interventions chirurgicales.

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