La mort de Paulette Guinchard-Kunstler, ancienne secrétaire d’Etat aux personnes âgées


Paulette Guinchard-Kunstler, en 201

Dignité : ce mot a tissé comme un fil rouge la vie de Paulette Guinchard-Kunstler. Atteinte d’une maladie génétique invalidante, l’ancienne secrétaire d’Etat aux personnes âgées dans le gouvernement Jospin de 2001 à 2002 s’est donnée la mort, jeudi 4 mars, à 71 ans par suicide assisté, en Suisse, un protocole interdit en France. « Elle avait cette philosophie d’une vie qui doit s’achever dignement », a témoigné, sur France Bleu, l’ancien premier ministre.

« Vivre avec un sentiment de dignité jusqu’à la fin » doit être permis « à tous » , écrivait-elle, le en avril 2005, dans une tribune au Monde. C’est aussi la volonté de « garantir la dignité de toute personne âgée » qui a guidé l’action politique de celle qui s’était esclaffée au lendemain de la canicule de 2003 : « Enfin on découvre qu’on a des vieux ! »

« Je suis la seule ministre qui sait traire les vaches », a un jour confié cette fille d’agriculteurs, née le 3 octobre 1949 à Reugney (Doubs). Celle que ses amis bisontins surnommaient « Zaza » ou « la Paulette » a milité, dès ses 20 ans, au PSU, puis adhéré au PS en 1986. En 1983, elle est élue conseillère municipale de Besançon et le restera jusqu’en 1995.

« La deuxième grande loi sociale »

Infirmière en psychiatrie, elle est aussi formatrice aux métiers d’accompagnement de personnes âgées pendant près de dix ans de 1989 à 1997. Aux législatives de 1997, elle conquiert un bastion de droite, la deuxième circonscription du Doubs, qu’elle conservera dix ans, réussissant à être réélue en 2002 en plein reflux de la gauche. Avant cela, elle est repérée par Martine Aubry, ministre de l’emploi et de la solidarité. Connue pour être une spécialiste du dossier, la députée franc-comtoise se voit confier un rapport sur « Vieillir en France », qu’elle remet à Lionel Jospin en 1999. Il préfigure la loi qu’elle porte une fois nommée au gouvernement le 27 mars 2001, comme secrétaire d’Etat aux personnes âgées auprès de la ministre de l’emploi et de la solidarité Elisabeth Guigou.

La nouvelle secrétaire d’Etat se voit confier ce qu’elle appelle « la deuxième grande loi sociale du gouvernement après la couverture maladie universelle » : la réforme de juillet 2001 qu’elle fait adopter crée l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), une prestation qui permet aux personnes âgées en perte d’autonomie de pouvoir rester chez elle en faisant appel à des aides à domicile ou de financer, en partie, leur entrée en maison de retraite. L’APA s’est généralisée très vite et compte à ce jour 1,3 million de bénéficiaires.

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