La mort de Bernard Debré, médecin et homme politique


Bernard Debré, en 2013.

Il a mené deux carrières de front : la médecine et la politique, dans l’ordre et, parfois, le désordre. Bernard Debré, urologue de renommée internationale, ancien ministre, député et maire, est mort, dimanche 13 septembre, à Paris, des suites d’un cancer, à l’âge de 75 ans.

Issu d’une illustre lignée familiale, Bernard Debré, (faux) jumeau de Jean-Louis Debré – nés le 30 septembre 1944, à Toulouse –, héritait d’un double atavisme. Le grand-père, Robert Debré, fut l’un des fondateurs de la pédiatrie moderne, celui de l’Unicef et le créateur des centres hospitaliers universitaires. Leur père, Michel Debré, est aussi le « père » de la Constitution de la VRépublique, avant de devenir premier ministre du général de Gaulle et de mener, ensuite, une longue carrière politique. Adolescents, les « deux-Bré » ont vu défiler, à la table familiale, les plus hauts personnages de l’Etat.

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« Pendant très longtemps, nos parents nous ont mis dans des cases, racontait Bernard Debré. Moi, je devais marcher sur les traces de mon grand-père. Jean-Louis, qui ressemblait à notre père, devait faire de la politique. » Alors il a fait médecine, grimpé tous les échelons de la hiérarchie mandarinale, jusqu’à devenir chef du réputé service d’urologie de l’hôpital Cochin, où furent soignés nombre de chefs d’Etat africains, et dans lequel François Mitterrand, président de la République, fut opéré d’un cancer de la prostate en 1992, puis en 1994.

Les chiens ne font pas des chats

Mais le virus de la politique s’était malgré tout niché dans ses gènes : les chiens ne font pas des chats, foi de Debré ! Ses premières manifestations publiques, il les effectue à la tête de son association, Solidarité médicale, en 1981, au lendemain de l’arrivée de la gauche au pouvoir, lorsqu’il mobilise les chefs de clinique pour dénoncer les projets de réforme hospitalière du ministre de la santé communiste, Jack Ralite, qu’il assimile à la « mise en place de soviets » dans les hôpitaux.

Les élections législatives de 1986 le voient pour la première fois se frotter au suffrage universel. A la faveur de ce scrutin qui, pour la première – et pour l’instant unique – fois dans l’histoire de la Ve République, se déroule au scrutin proportionnel départemental à un tour, il est élu député d’Indre-et-Loire, dans le fief paternel où Michel fut, pendant près d’un quart de siècle, maire d’Amboise. Cette année-là, trois Debré posent fièrement sur les marches du Palais-Bourbon : le père, réélu à La Réunion, Jean-Louis, élu dans l’Eure, et Bernard. La photo de famille ne va pas tarder à se lézarder.

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