La moitié des publicités alimentaires vues par les enfants concerne des produits gras, sucrés et salés


McDo HappyMeal, Nutella, Kinder Bueno : ces produits alimentaires figurent dans le top 10 de ceux ayant fait l’objet des plus gros investissements publicitaires en 2018, selon une étude de Santé publique France (SpF), publiée mercredi 24 juin. Alors que de nombreux travaux scientifiques ont montré l’impact du marketing sur les choix de consommation des enfants, l’agence de sécurité sanitaire a mesuré l’exposition des mineurs aux publicités alimentaires.

Pour mener cette enquête, SpF a répertorié les données d’exposition aux écrans des enfants et des adolescents et celles des investissements et de diffusion des publicités, en les classant en fonction de la valeur nutritionnelle des produits annoncés.

Selon l’agence, les annonces pour des produits affichant un NutriScore D et E – les plus gras, salés et sucrés selon cet outil qui évalue la qualité nutritionnelle des aliments sur une échelle de A à E – représentaient en 2018 « 53,3 % des publicités alimentaires vues par les enfants, 52,5 % de celles vues par les adolescents, et 50,8 % des réclames vues par les adultes ». Un constat inquiétant quand surpoids et obésité demeurent à un niveau élevé en France – 17 % des enfants de 6 à 17 ans sont en surpoids selon la dernière étude nationale sur le sujet en 2015, parmi lesquels 4 % sont en situation d’obésité (une prévalence que le gouvernement veut faire réduire de 20 % d’ici à 2023).

Cette enquête montre l’inefficacité des mesures de régulation publicitaire prises ces dernières années, à commencer par la loi Gattolin du 20 décembre 2016. Celle-ci interdit les annonces dans les programmes jeunesse des chaînes publiques… qui concernent moins de 1 % du temps d’écran des enfants.

La moitié des publicités pour les produits gras, salés et sucrés sont en réalité vues entre 19 heures et 22 heures, à l’heure du prime time, quand plus de 20 % des enfants et des adolescents sont devant leur écran. SpF calcule qu’en 2018, les 4-17 ans ont vu en moyenne seize réclames par semaine pour des produits ayant un NutriScore D ou E.

Moins de temps devant la télévision, mais plus de publicités

Pour parvenir à ces résultats, les autrices de l’étude, Hélène Escalon et Anne-Juliette Serry, ont utilisé plusieurs sources : Médiamétrie, Ipsos, Kantar Médias… Les horaires de diffusion des annonces ont été passés au crible et analysés au prisme des audiences et des heures de visionnage des 4-17 ans. Puis un travail de fourmi a été réalisé afin de coder manuellement près de 1 990 produits publicisés – sur 8 909 recensés –, en fonction de leur valeur nutritionnelle, en s’appuyant à la fois sur le NutriScore et le classement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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