la mauvaise conscience des Rolling Stones


Brian Jones (au centre), entouré de Keith Richards (à gauche) et de Mick Jagger (à droite).

Arte – Vendredi 22 janvier à 22 h 25 – Documentaire

« Sans Brian Jones, il n’y aurait pas eu de Rolling Stones. » C’est par cette phrase du bassiste Bill Wyman, qui a quitté le célèbre groupe de rock en 1993, que commence le film documentaire réalisé par Patrick Boudet, La Vie de Brian Jones. Courte vie et courte carrière pour celui qui, né le 28 février 1942, est mort à l’âge de 27 ans.

Fou de jazz et de blues, dont il traque les enregistrements des interprètes les plus obscurs, Brian Jones est un musicien talentueux (guitare, claviers…). Comme le souligne le journaliste Paul Trynka, qui lui a consacré une biographie (non traduite) en 2014, il fut leader du groupe britannique avant que le duo Mick Jagger (voix)-Keith Richards (guitare) ne prenne le pouvoir.

Brian Jones trouve le nom du groupe et recrute, début 1962, les musiciens qui en feront partie, avant que la formation ne se stabilise autour de Jagger, Richards, Jones, Bill Wyman et le batteur Charlie Watts. Il sera la part extravagante du groupe, avec ses tenues soignées, ses enchevêtrements d’écharpes. Il est le « génie diabolique qui a créé l’image du mauvais garçon », affirme Trynka.

Dans l’un des documents sonores qui accompagnent un judicieux choix de photographies, certaines rarement vues, et quelques extraits d’émissions télévisées – Brian Jones, ravi, plein de joie musicienne –, il déclare, à propos des nombreux scandales qui émaillent le quotidien du groupe : « Faire polémique ne peut être que positif. Si la presse nous ignorait, on se ferait du souci. »

Alcool, drogue et rock’n’roll

Et puis tout s’écroule. Brian Jones boit trop, se drogue, arrive en retard aux répétitions. Aux reprises des débuts succèdent les compositions du duo Jagger-Richards. Brian Jones, qui n’écrit rien, se sent mis de côté et trouve remède à son manque de confiance en lui dans encore plus d’alcool et de drogue. Une photographie de 1966 montre les quatre autres Stones debout, serrés, l’observant à l’écart, au piano. Il a le regard perdu. « A l’époque, commente son auteur, Gered Mankowitz, c’était une [photographie] parmi d’autres. » Avec le recul, elle disait tout.

D’autres images de Mankowitz montrent le couple fusionnel formé par Jones avec le mannequin Anita Pallenberg. Cette dernière, pourtant, le quitte pour Keith Richards à l’issue d’un voyage au Maroc, début 1967. Pour le père de Brian Jones, en voix off, et d’autres intervenants, c’est là que « la vie de Brian a basculé. (…) Ça l’a complètement dévasté. (…) C’était un garçon de nature enthousiaste, mais il est devenu morose et très renfermé ».

Lire l’entretien avec Philippe Manœuvre : « Je suis fasciné par l’arrogance de mauvais garçons des Rolling Stones »

Après une condamnation pour possession de drogue, il est interdit d’entrée aux Etats-Unis. Une tournée y est prévue à l’été 1969. Ses camarades lui annoncent qu’il ne fait plus partie du groupe, son remplaçant, Mick Taylor, est présenté à la presse. Le « papillon », comme le qualifiait Jagger, est retrouvé noyé dans sa piscine le 3 juillet 1969. Accident ou suicide ? Dans les dernières images de ce film délicat, le sourire de Brian Jones nous charme.

La Vie de Brian Jones, documentaire de Patrick Boudet (Fr., 2020, 52 min). A la demande sur Arte.tv jusqu’au 21 février.



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