La majorité mal à l’aise face à la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des écoutes


L’ancien président Nicolas Sarkozy, sur le plateau du journal de 20H de TF1, à Boulogne Billancourt (Hauts-de-Seine), le 3 mars.

Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy n’appartiennent pas à la même famille, mais il y a comme un lien qui s’est créé entre l’actuel et l’ancien chef de l’Etat, qui ont mis en scène leur complicité. La condamnation de l’ex-président de la République, lundi 1er mars, à trois ans de prison, dont un an ferme, pour « corruption » et « trafic d’influence » dans l’affaire dite des écoutes laisse donc la majorité un rien gênée.

Officiellement, l’Elysée et les membres du gouvernement, bien entendu, ne commentent pas une décision de justice, pour reprendre la formule consacrée. Mais le chef de l’Etat, selon la confidence d’un de ses conseillers au Canard enchaîné, aurait trouvé cette peine « d’une sévérité sans égale ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy, partenaires particuliers

Son ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, ex-directeur de campagne de M. Sarkozy en 2016, s’est fendu pour sa part d’un message public en direction de son ancien mentor. « Chacun sait l’affection, le respect, que j’ai pour Nicolas Sarkozy, qui a été un grand président de la République et qui, en ces moments difficiles, a évidemment mon soutien amical », a-t-il déclaré lundi. De quoi rendre furieuse une partie de l’opposition et de la magistrature, qui dénonce une « immixtion du pouvoir politique dans le fonctionnement de la justice ».

Après Gérald Darmanin, c’était au tour du garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, d’entrer en scène mercredi. Interrogé sur France Inter au sujet des cris d’orfraie exprimés à droite contre ce jugement, l’ancien avocat a éludé le fond de l’affaire mais en a profité pour souligner la « défiance » dont serait l’objet l’institution judiciaire.

Mieux protéger le secret professionnel des avocats

« J’entends certains hurlements. Cela pose le problème de la défiance que l’on peut avoir à l’encontre de la justice. Et c’est une défiance, pardon, indépendamment de cette affaire du président Sarkozy, qu’expriment également les Français par voie de sondages », a-t-il développé en citant à l’appui une enquête du Cevipof de février 2021 selon laquelle « moins d’un Français sur deux » (48 %) assure avoir confiance dans la justice. Ce qui place quand même cette institution en tête du classement, à égalité avec les grandes entreprises publiques, loin devant les partis politiques (16 %)…

Le garde des sceaux est un proche de l’ami et avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, qui a lui aussi été condamné, lundi, à trois ans de prison. En septembre 2020, M. Dupond-Moretti avait ouvert une enquête administrative contre trois magistrats ayant épluché les factures téléphoniques d’avocats – dont les siennes – dans le cadre d’une enquête contre l’ancien président de la République. Une décision qui lui vaut d’être visé par une information judiciaire pour « prise illégale d’intérêts ».

Il vous reste 55.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: