la justice accorde le statut de princesse à la fille adultérine de l’ancien roi Albert II


Delphine Boël (gauche), le 26 avril 2018, et l’ex-roi des Belges Albert II (droite), le 3 juillet 2013.

Elle se battait depuis sept ans pour faire reconnaître sa filiation et ses droits. Delphine Boël, fille longtemps cachée de l’ancien roi des Belges Albert II, a vu son combat couronné de succès : la justice lui a accordé le titre de princesse et le nom de Saxe-Cobourg.

L’arrêt rendu jeudi 1er octobre par la cour d’appel de Bruxelles « lui donne pleinement satisfaction », a réagi son avocat, Marc Uyttendaele, en confirmant une décision tombée quatre semaines avant la date annoncée et révélée par la chaîne RTBF. Lors de l’ultime audience d’un long feuilleton à rebondissements, le 10 septembre, les avocats d’Albert II avaient contesté qu’elle puisse exiger le titre de princesse.

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Artiste plasticienne âgée de 52 ans, Delphine Boël est née de la liaison de près de vingt ans qu’a eue dans les années 1960 et 1970 sa mère, Sybille de Sélys Longchamps, avec Albert. Ce dernier était alors prince héritier, marié depuis 1959 avec la future reine Paola.

L’ancien souverain – sur le trône de 1993 à 2013 et père du roi actuel, Philippe – a nié cette filiation pendant des années, jusqu’à ce que la justice le contraigne à un test ADN en 2019. Le résultat du test a finalement été rendu public à son initiative, le 27 janvier dernier. « Les conclusions scientifiques indiquent qu’il est le père biologique de Madame Delphine Boël », ont alors annoncé ses avocats, Mes Alain Berenboom et Guy Hiernaux.

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« Enfant au rabais »

Désormais, Mme Boël « veut avoir exactement les mêmes prérogatives, titres et qualités que ses deux frères (Philippe et Laurent) et sa sœur (Astrid) », avait expliqué, en septembre, Me Uyttendaele. « Elle ne veut pas être un enfant au rabais », avait-il martelé.

Mme Boël, qui avait renoncé au patronyme de Jacques Boël, l’époux de sa mère, sera dorénavant nommée « Son altesse royale Delphine de Saxe-Cobourg », a tranché, jeudi, la cour d’appel. « La cour affirme que le roi Albert II est son père et qu’elle portera désormais le nom patronymique de Saxe-Cobourg », a commenté Me Uyttendaele dans un communiqué.

Le contenu de la décision a été confirmé à l’AFP par une source judiciaire qui a précisé que ses enfants, adolescents, « seront également prince et princesse de Belgique ». Les demandes de Delphine Boël « visant à ce qu’elle soit traitée sur le même pied que ses frères et sa sœur ont été satisfaites », selon son avocat.

Une reconnaissance qui « change sa vie »

« Cette victoire judiciaire ne remplacera jamais l’amour d’un père mais offre un sentiment de justice, renforcé encore par le fait que nombre d’enfants qui ont traversé les mêmes épreuves pourront y trouver la force de les affronter », a encore affirmé Me Uyttendaele.

En août, lors d’une rencontre avec l’Agence France-Presse, Delphine Boël avait assuré que la reconnaissance de paternité acquise en janvier avait « vraiment changé [sa] vie ».

L’existence de la fille cachée du roi avait été révélée en 1999 par un journaliste. « J’étais le linge sale d’Albert II », avait confié à l’AFP l’artiste plasticienne. Elle avait refusé de dire ce qu’elle attendait du dernier acte du long bras de fer judiciaire, engagé en 2013 après l’échec d’une tentative de conciliation. Elle doit s’exprimer lundi prochain devant la presse avec ses avocats.

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Le Monde avec AFP



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