« La France doit accélérer sur la 5G »


A Paris, le 29 mai.

Au lendemain de la publication, dans Le Journal du dimanche, d’une tribune d’élus écologistes et de gauche réclamant un moratoire sur le déploiement de la 5G en France, Emmanuel Macron s’est insurgé, lundi 14 septembre, contre des responsables qui « estiment qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ». « Je ne crois pas au modèle amish », a-t-il insisté. Alors qu’un rapport a été rendu mardi au gouvernement sur les effets sanitaires de cette nouvelle technologie de communication mobile, Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé de la transition numérique, soutient pourquoi la 5G est « indispensable à la France ».

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Le gouvernement va-t-il accéder à la demande de moratoire exprimée par des élus sur la 5G ?

Non, car cette demande masque mal les arrière-pensées politiques qui la sous-tendent. Soyons très clair : il y a des interrogations chez certains de nos concitoyens. Elles sont légitimes et nous devons y répondre méthodiquement, en nous fondant sur ce que nous dit la science. On ne peut pas s’appuyer sur l’expertise scientifique pour le climat et la renier quand il s’agit de la 5G.

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Or, l’ensemble des agences sanitaires des pays du monde entier, dont l’Anses [l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail], ont toujours indiqué qu’il n’y avait pas à ce jour de raison de penser que la 5G représentait un risque supplémentaire par rapport à la 4G ou aux autres radiofréquences, pour lesquelles la France possède des normes de protection parmi les plus élevées du monde. Cette tribune s’inscrit par ailleurs dans une approche pénitente de l’écologie, qui est un risque pour le combat écologique lui-même.

La France ne peut-elle pas conduire ce débat ?

Dès lors que les impacts sanitaires et environnementaux sont bien documentés et maîtrisés, j’assume que la France doive accélérer sur la 5G et que les Français puissent avoir accès aux mêmes services que les autres pays. Les Etats-Unis et la Chine en font un facteur majeur de compétitivité économique et douze pays européens sont déjà en train de déployer cette technologie. Je n’ai ni le consommateur français, ni le développement économique, ni la création d’emplois honteux. Nous avons besoin de la 5G, que ce soit pour l’industrie, l’agriculture, les usages ou la transition environnementale.

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Comment rassurer les citoyens sur les effets de la 5G ?

Le cadre français lié à l’exposition aux ondes électromagnétique est déjà parmi les plus exigeants du monde : les valeurs moyennes d’exposition sont cent fois inférieures aux seuils minimaux internationaux et il existe des mécanismes de correction automatique dès que les valeurs mesurées dépassent 10 % de ces seuils. Mais nous pouvons faire mieux en matière de transparence et de concertation, notamment locale. Nous allons augmenter le nombre de contrôle de l’ANFR [l’Agence nationale des fréquences] et systématiquement rendre publics les études et documents sur lesquels nous fondons nos décisions.

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