La difficile mobilisation autour des chômeurs


Manifestation de professionnels du spectacle et de travailleurs précaires, à Paris, le 26 mars.

L’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage : cette revendication revient en force dans les théâtres et les opéras occupés depuis un peu plus d’un mois. Pourtant, les intermittents du spectacle ne sont pas touchés par les nouvelles règles, inscrites dans un décret du 30 mars qui doit commencer à s’appliquer à partir de l’été. Mais ils exigent l’abandon de ce texte, tout en portant des doléances qui leur sont propres : la réouverture des lieux culturels et une autre « année blanche » – c’est-à-dire la prolongation, pendant douze mois supplémentaires, des droits à indemnisation chômage pour les salariés des industries artistiques. Dans leur esprit, il faut se mobiliser en faveur des « intermittents de l’emploi », ces travailleurs abonnés aux boulots précaires, qui, eux, vont être affectés par la réforme : employés de l’hôtellerie-restauration, guides touristiques, etc.

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« Un même combat », pouvait-on lire sur une pancarte brandie, le 2 avril, lors du deuxième « vendredi de la colère » organisé par la CGT-Spectacle place de l’Hôtel-de-Ville, à Paris. « Nous fonctionnons de la même manière, nous avons le même système d’emploi, les mêmes horaires sauf que nous ne sommes pas protégés de la même façon [que les intermittents du spectacle] », déplorait Maxime, 36 ans. Le décret du 30 mars va « majoritairement » pénaliser les personnes en « contrats courts », s’indigne-t-il, en faisant allusion au changement du mode de calcul de l’allocation, qui va entraîner une baisse du montant mensuel de la prestation pour des centaines de milliers de chômeurs.

A la tête de la CGT-Spectacle, Denis Gravouil se dit frappé par cette volonté d’« élargissement » de la lutte dans le monde culturel à des mots d’ordre qui ne le concernent pas directement : « Même si c’est embryonnaire, il y a un fil à tirer. » Mais cet ancien chef-opérateur, qui gère le dossier de l’assurance-chômage au sein de la confédération, sait que la réforme ne fait guère bouger les foules depuis qu’elle a été dévoilée, il y a presque deux ans, puis reportée à cause de la crise, avant d’être récemment remise sur des rails. En juin 2019, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC et l’UNSA n’avaient rassemblé que quelques centaines de personnes devant le ministère du travail, à Paris. La CGT, elle, à travers plusieurs de ses organisations est montée à l’assaut à maintes reprises, mais sans parvenir à drainer beaucoup plus de monde.

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