La démarche pour être interdit de jeux facilitée


Le fichier des interdits volontaires de jeux compte actuellement 36 500 personnes, alors que le nombre de joueurs problématiques en termes d’addiction est estimé à 1,3 million de personnes par l’Observatoire des jeux.

Plus besoin de se rendre au commissariat : à partir de mardi 12 janvier la gestion du fichier des interdits de jeux passe des mains du ministère de l’intérieur à celles de l’Autorité nationale des jeux (ANJ) qui proposera une démarche modernisée et simplifiée.

Auparavant, les personnes souhaitant figurer sur ce fichier devaient obtenir un rendez-vous dans un commissariat et s’y rendre pour finaliser leur inscription. Et se retrouver ainsi sous le coup d’une interdiction, pour une durée de trois ans, de jouer dans les casinos et les clubs de jeux, sur les sites Internet de paris ou de poker agréés par l’ANJ et aux jeux de la Française des jeux et du PMU (Pari mutuel urbain) avec un compte joueur.

Une démarche fastidieuse et dissuasive pour certains joueurs, qui désormais auront simplement à remplir un formulaire en ligne sur le site de l’ANJ.

« Un pas en avant »

« C’est réellement un pas en avant. Il n’y a plus cette difficulté qu’avaient les joueurs à franchir le cap d’aller physiquement dans un service de police pour valider leur interdiction », estime Armelle Achour, directrice de SOS-Joueurs.

« Pour lutter contre les addictions, je dis souvent qu’il ne faut pas qu’il y ait plus de deux démarches à faire pour que ce soit efficace », abonde Mario Blaise, chef de service à l’hôpital Marmottan à Paris, spécialisé dans les pratiques addictives.

Cette simplification est d’autant plus importante que « la motivation [pour arrêter de jouer] peut être un peu fugace et ambivalente, donc il est important que [la procédure] la facilite », ajoute-t-il. « Quand un joueur demande son interdiction, on sait déjà qu’il est à bout de souffle. C’est dans les derniers temps qu’il fait le plus de bêtises », ajoute Armelle Achour.

36 500 personnes interdites de jeu

Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l’ANJ, se félicite de voir le régulateur des jeux d’argent se positionner comme « un offreur de service à la population des joueurs et pas simplement comme le flic ou gendarme » du secteur. « On veut aider les joueurs à avoir la maîtrise de leur pratique de jeu et les accompagner » ajoute-t-elle.

En dépit de cette procédure, les joueurs sous le coup d’une interdiction auront toujours la possibilité de jouer en point de vente.

Le fichier des interdits volontaires de jeux compte actuellement 36 500 personnes, alors que le nombre de joueurs problématiques en termes d’addiction est estimé à 1,3 million de personnes par l’Observatoire des jeux.

Le Monde avec AFP



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