la Chine s’est lancée dans la course au vaccin « à un rythme de guerre »


Dans un laboratoire de Yisheng Biopharma, à Shenyang

Avec cinq projets en phase 2 de test, et plusieurs publications scientifiques, la Chine tient la corde dans la course au développement d’un vaccin contre le Covid-19. Le pays où l’épidémie est apparue fin 2019 a mobilisé à fond sa communauté scientifique pour trouver un vaccin le plus rapidement possible, tandis que les autorités facilitaient la délivrance d’autorisations. La plupart des projets testés actuellement reposent sur des solutions scientifiques anciennes, qui permettent un développement rapide, mais dont les résultats pourraient proposer une immunité plus courte. La phase 3 de test dans des conditions réelles permettra de mesurer la véritable efficacité de ces vaccins.

Tout commence à Wuhan, une semaine après la mise en quarantaine de la métropole du centre de la Chine : Chen Wei, major générale de l’Armée populaire de libération, à la tête de l’Institut de bio-ingénierie de l’Académie de médecine militaire, est envoyée sur place pour prendre la tête du laboratoire P4, le plus haut niveau de sécurité, pour y développer un vaccin au plus vite. Auréolée de son expérience dans le développement d’un spray nasal protégeant du SRAS, en 2003, et dans la lutte contre Ebola en Afrique, elle est décrite comme « une déesse de la guerre » par la presse officielle. Son candidat au vaccin, développé avec le laboratoire CanSino, est le premier à être testé sur des humains à Wuhan, le 16 mars, le jour même où la start-up américaine Moderna commence ses tests.

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Deux mois plus tard, les résultats sont encourageants : 105 des 108 participants à la phase 1 ont développé des anticorps deux semaines après l’injection, sans effets secondaires graves, d’après un article publié le 22 mai par l’équipe de Chen Wei dans la revue The Lancet. Des experts ont toutefois souligné que les doses fortes entraînaient des effets secondaires comme de la fièvre, tandis que l’immunité obtenue avec les doses les plus faibles n’était pas satisfaisante. Le vaccin est un adénovirus génétiquement modifié. Ce virus, de la famille du rhume, est utilisé comme vecteur pour provoquer la réponse immunitaire. Il existe toutefois un risque que des personnes ayant contracté ce type de rhume ne réagissent pas bien, d’où la nécessité d’une étude sur une population plus importante.

Mauvaise réputation

Les quatre autres vaccins testés évitent ce problème grâce à une approche plus classique : l’usage de virus inactivés. Cette méthode consiste à cultiver le virus et à le neutraliser en l’exposant à une température élevée ou à des produits chimiques afin qu’il stimule le système immunitaire sans provoquer d’infection. Cette technique, utilisée par le passé pour l’hépatite A, la grippe ou la polio, a l’avantage d’être éprouvée, et donc moins chère que des méthodes plus modernes. Mais elle offrirait une immunité de plus courte durée, nécessitant des rappels plus réguliers.

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