« J’attends toujours la solidarité des féministes envers les femmes ouïgoures »


Les forces chinoises déployées à Urumqi, la capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, en Chine, en 2009.

Chez les Ouïgours, nous avons un proverbe : « La femme est le soleil de la femme. » Ici, le mot « soleil » signifie « solidarité ». En tant que femme ouïgoure, j’ai expérimenté les discriminations à la fois raciales et sexistes du régime chinois. J’ai vécu dans ce pays jusqu’en 2004 et j’ai subi les pressions sociales, économiques et politiques qui pèsent sur les femmes ouïgoures alors que le système colonial a mis en position supérieure les colons chinois et en position inférieure les colonisés ouïgours.

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Actuellement 1,8 million à 3 millions de Ouïgours sont enfermés et torturés dans des camps. Non pour ce qu’ils et elles font, mais pour ce qu’ils et elles sont. Depuis fin 2016, la Chine mène une véritable guerre d’éradication des Ouïgours et d’effacement d’un peuple avec le plus grand internement de masse du XXIe siècle.

En plus de cette politique concentrationnaire, les Ouïgours subissent une répression d’une violence inouïe : enfants séparés des parents, destruction des cimetières et des mosquées, travail forcé au profit de grandes marques internationales, prélèvements forcés d’organes, surveillance de masse, etc.

Viols de jeunes filles par les fonctionnaires chinois

Les femmes sont particulièrement exposées à cette politique génocidaire. Avec la « campagne pour la beauté », les autorités obligent ainsi les femmes ouïgoures à couper leurs longs cheveux pour devenir « des femmes modernes » selon la norme du gouvernement chinois ; les femmes portant des robes ou des jupes « trop longues » au goût des autorités sont arrêtées pour les leurs couper en pleine rue et, paroxysme de l’horreur, pendant que leurs maris sont enfermés, les femmes ouïgoures sont obligées de partager leur foyer, voire leur lit, avec les fonctionnaires chinois envoyés par milliers par Pékin.

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Les images et vidéos d’hommes chinois installés dans des maisons ouïgoures et les témoignages de viols de jeunes filles dans ces familles par ces fonctionnaires chinois font régulièrement le tour de la Toile.

Une partie importante des millions de Ouïgours mais aussi de Kazakhs enfermés dans des camps de concentration ethniques et religieux par la Chine sont des femmes. Nombre d’entre elles ont témoigné des conditions de vie inhumaines et dégradantes dans les camps, de la torture infligée, des viols en réunion, des injections qui ont causé l’arrêt de leurs menstruations…

L’une de ces rescapées, Sayragul Sautbay, une Kazakhe qui était enseignante de chinois dans un camp et qui a aujourd’hui trouvé refuge en Suède, a révélé une scène terrible où une jeune détenue était déshabillée sur une place du camp devant tous les autres détenus puis violée par les gardes un par un, pendant que les autres surveillaient les expressions sur le visage des prisonniers.

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