Isabelle Dhordain, l’animatrice du « Pont des artistes », est morte


Isabelle Dhordain en 2016.

Véritable boule d’énergie, bavarde, curieuse, emportée et généreuse, Isabelle Dhordain, animatrice de radio, critique musicale et journaliste, fut, pendant vingt-cinq ans, l’une des grandes voix de France Inter, où elle défendit, dans son émission « Le Pont des artistes », toutes les musiques. Elle s’est éteinte le 20 février, à l’âge de 61 ans, après voir combattu un méchant cancer pendant dix ans.

Le samedi soir, sur France Inter, juste après la météo marine, « Le Pont des artistes » était l’une des rares émissions de radio à accueillir en direct des artistes reconnus, comme Alain Souchon ou Manu Dibango, en même temps que de jeunes talents (Juliette, Benjamin Biolay, Vincent Delerm, Dominique A y firent leurs premières armes). Pendant deux heures, Isabelle Dhordain, en maîtresse de cérémonie rieuse et attentive, invitait, avec une volonté délibérée d’éclectisme, chanteur en devenir, vedette confirmée ou musicien venu d’ailleurs, pour qu’ils discutent et jouent ensemble. Un cocktail élaboré avec soin afin de découvrir, sans a priori et au-delà de tout jugement de valeur, les tendances musicales du moment : « Mon travail, c’est de dire ce qu’est la chanson aujourd’hui et de quoi elle parle, sans tenir compte des styles », expliquait-elle. Tête d’affiche ou nouveau talent, elle traitait tout le monde à égalité, sans prendre de gants.

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La radio, chez elle, était une affaire de famille, puisque son père, Roland Dhordain (1924-2010), dont elle était loin de partager les idées gaullistes, fut l’une des grandes figures de l’ORTF, puis l’une des voix de France Inter, avant d’en être le directeur. Quant à sa mère, Edith Lansac, d’abord comédienne, elle était productrice d’émissions à France Culture.

L’école n’avait pas réussi à formater cette adolescente révoltée qui s’imaginait en cow-boy arpentant les vastes plaines, avec cheval et guitare. Pourquoi ne pas être monitrice d’équitation ? Elle s’y essaie quelque temps et gardera toute sa vie la passion du cheval (au cours d’un dîner, mieux valait éviter ce sujet, dont elle pouvait discourir pendant des heures !).

« Mon seul critère est l’émotion »

A 19 ans, après avoir écouté Brassens, Barbara, Reggiani, Ferré, Brel et beaucoup, beaucoup de musique africaine, son péché mignon, Isabelle Dhordain entre comme programmatrice dans une radio privée, Radio Mont Blanc. En 1985, elle devient reporter-journaliste à France Inter. En 1988, avec l’aide de son père, elle crée « Le Pont des artistes », qui va très vite devenir l’un des rendez-vous incontournables de la scène française.

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