Iouri Orlov, vétéran des droits de l’homme


Iouri Orlov, en 2008.

Une génération s’en va. Moins de deux ans après sa vieille amie Lioudmila Alexeïeva, figure de la dissidence soviétique, c’est un autre pilier des droits de l’homme dans l’ex-URSS, Iouri Orlov, qui s’est éteint dimanche 27 septembre, à Ithaca, dans l’Etat de New York. L’un et l’autre ont milité ensemble et suivi un parcours similaire. A la veille de son arrestation, le 10 février 1977, Iouri Orlov, fondateur du Groupe Helsinki Moscou, la plus ancienne organisation des droits de l’homme soviétique, puis russe, tenait une conférence de presse dans l’appartement moscovite de Lioudmila Alexeïeva sur l’attitude à tenir en cas d’arrestation.

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Né le 13 août 1924 à Moscou dans une famille ouvrière, Iouri Orlov, sorti diplômé du département de physique de l’université d’Etat de Moscou, a commencé à travailler à l’Institut de physique théorique et expérimentale de l’Académie des sciences de l’URSS. En 1956, il est renvoyé de son travail et expulsé du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) pour avoir qualifié, lors d’une discussion, Staline et Beria de « tueurs au pouvoir ». S’ensuivra une longue période, seize ans, pendant laquelle il vit et travaille dans le milieu scientifique à Erevan, en Arménie. Ayant défendu sa thèse de doctorat, il revient en 1972 à Moscou où il reprend un poste dans un département de l’Académie des sciences.

En 1973, sous l’influence du physicien futur prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov, Iouri Orlov s’engage en réclamant la démocratisation de la société soviétique au travers, notamment, d’une lettre ouverte à Leonid Brejnev qui sera diffusée sous forme de samizdat (document clandestin). Il organise avec deux autres dissidents, dont Andreï Tverdokhlebov, un proche de Sakharov, la section soviétique d’Amnesty International. Un an plus tard, il tient un séminaire dans son appartement en faveur des scientifiques bannis de leurs emplois pour des raisons politiques. Cette réunion préfigure la fondation, en 1976, du Groupe Helsinki Moscou, créé pour informer l’Occident des violations des droits de l’homme en URSS, dans la foulée de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe signé à Helsinki. Le groupe va par la suite essaimer à travers toute l’URSS, notamment en Ukraine et en Lituanie.

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Pendant les huit mois durant lesquels Iouri Orlov présidera le Groupe Helsinki Moscou, dix-huit documents paraissent dont le n° 5 qu’il rédige lui-même sur les répressions contre les familles religieuses. Découvrant que les textes n’atteignent pas leurs destinataires, les ambassades, le physicien a l’idée d’organiser des conférences de presse pour les distribuer aux journalistes étrangers.

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