interrogations sur des « pratiques non adaptées » de l’opérateur de la centrale géothermique Fonroche


Le site de la centrale géothermique de Fonroche, à Reichstett (Bas-Rhin), en novembre 2019.

Deux séismes d’une magnitude de 3,5 et 2,6 sur l’échelle de Richter ont été ressentis, vendredi 4 décembre, dans une bonne partie du Bas-Rhin, les derniers en date d’une longue série depuis la fin octobre. L’épicentre du séisme se situe au niveau de la commune de La Wantzenau, à une dizaine de kilomètres au nord de Strasbourg, à proximité d’une centrale géothermique exploitée par l’entreprise Fonroche. Cette dernière, pas encore opérationnelle, fait partie de trois projets en cours visant à permettre à l’Eurométropole de Strasbourg d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, comme le prévoit son plan climat.

Le Réseau national de surveillance sismique (RéNaSS) a classé le tremblement de terre survenu vendredi matin comme « induit », c’est-à-dire provoqué par l’activité humaine. La mise à l’arrêt du site a aussitôt été décidé par l’exploitant Fonroche, pour qui les secousses sont « probablement » liées au site de géothermie. Dans un communiqué, la société a annoncé le déclenchement d’une procédure de diminution progressive de la circulation d’eau dans les puits, visant à aboutir à un « arrêt total ». La procédure « se déroulera sur environ un mois », pour ne pas entraîner de surréaction de la roche. Selon le porte-parole de la société, c’est « la seule chose sur laquelle [ils peuvent] encore agir ».

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Un tel arrêt avait déjà été décidé il y a un an, à la suite de séismes survenus à 5 km du site. A l’époque, Fonroche contestait tout lien de cause à effet. Concernant les secousses d’octobre et novembre, experts et exploitants s’accordent en revanche à dire qu’elles ont été engendrées par le test d’interférence réalisé à la demande de la préfecture pour vérifier si les deux puits de production et d’injection communiquent réellement. Cette communication est une condition essentielle au fonctionnement de la centrale, qui vise à pomper l’eau chaude souterraine pour en exploiter en surface le potentiel énergétique, avant de la réinjecter sous pression dans le sous-sol.

« Si la pression n’est pas réduite, il y a risque de séisme »

Des doutes subsistent depuis le début des travaux sur une communication suffisante entre les deux puits forés à plus de 5 000 m de profondeur. La question a été ouvertement posée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) dans un rapport réalisé après les séismes de novembre 2019. Les données étudiées révèlent en effet des fuites dans le sous-sol, toute l’eau injectée n’étant pas récupérée.

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