« Il y a un risque que le nombre de blessés reste élevé »


Chercheur en sport à l’université d’Iéna (Allemagne), Joel Mason suit de près la forme physique des joueurs de football. A la sortie du premier confinement, il a mis en place un observatoire des blessures de la Bundesliga, le championnat allemand. Et garde un œil attentif sur l’évolution de la saison actuelle.

Non totalement remis d’une blessure à la cuisse, Kylian Mbappé avait été contraint de regarder depuis les tribunes le match amical entre la France et la Finlande, le 11 novembre 2020.
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De nombreux entraîneurs et joueurs de football se plaignent de la multiplication des matchs, en cette saison frappée par le Covid-19. A partir de quel moment cela peut-il devenir dangereux pour la santé des sportifs ?

Jouer plusieurs matchs par semaine augmente le risque de blessure musculaire au football, quelle que soit la durée de la préparation avant la saison. Ce n’est pas nouveau. En revanche, les circonstances de l’année 2020 le sont. Dans de nombreuses ligues d’Europe, on observe un nombre substantiel de blessures à ce stade de la saison, plus important que l’an passé à la même période. Beaucoup d’équipes signalent une augmentation des blessures, et l’on peut facilement lier cela à la multiplication des rencontres. Le calendrier resserré est certainement l’une des raisons principales.

L’attaquante française Emelyne Laurent (à droite) se bat pour le ballon avec la défenseuse kazakhe Anastassiya Vlassova lors du match de qualification du groupe G pour l’UEFA Euro 2022 entre la France et le Kazakhstan, au stade Rabine, à Vannes, le 1er décembre 2020.

Tous les sports sont-ils concernés ?

Un calendrier dense générant un risque accru de blessures n’est pas propre au football. Des données préliminaires issues du championnat de « foot australien » [AFL], qui vient de s’achever, montrent une augmentation considérable des blessures aux ischio-jambiers par rapport aux saisons précédentes. Pareil au hockey et dans d’autres sports collectifs, qui montrent un lien entre fréquence des matchs et blessures. Après, du fait des sommes de ses droits télévisés, le football a sans doute plus de pression pour poursuivre sa saison avec une fréquence de matchs élevée.

Indépendamment de cette saison au calendrier compressé, quel est le nombre idéal de rencontres que devrait disputer un joueur ?

Définir un nombre de matchs précis est difficile, le risque de blessure étant propre à chaque joueur, et lié à son âge, son historique de blessures et sa forme. Le bon nombre de rencontres pour tel joueur pourrait être trop élevé pour un autre. De manière générale, des périodes prolongées avec plusieurs matchs par semaine, c’est trop. Les joueurs ont besoin de quarante-huit à soixante-douze heures pour se remettre physiologiquement d’un match. Cette récupération est également plus compliquée quand il y a des longs déplacements, comme en Coupe d’Europe.

Le milieu de terrain lillois Benjamin André (à droite) avec le milieu de terrain de Prague, Borek Dockal, lors du match du groupe H de l’UEFA Europa League entre le LOSC de Lille et le Sparta Prague, au stade Pierre-Mauroy, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), le 3 décembre 2020.

Les équipes ayant disputé la fin de la Ligue des champions de football, en août, incriminent le manque de préparation pour la saison qui a démarré ensuite. En quoi cela influe-t-il sur les blessures ?

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