Hélène Rossinot, l’hyperactive de la santé publique


Hélène Rossinot, au Clos Jeannon, à Villers-les-Nancy, le 31 octobre 2020.

Demandez autour de vous ce qu’est un médecin de santé publique et vous obtiendrez… beaucoup de « euh » embarrassés. Plusieurs : « Un docteur qui analyse des chiffres, dans un hôpital ou une administration, non ? » Peut-être aurez-vous aussi un peu amène : « Un de ces abrutis qu’on entend partout depuis un an et qui ne sont pas fichus de se mettre d’accord et de donner des explications claires. » Et un plus positif : « Un médecin sans blouse ni stéthoscope qui ne voit pas de malades mais soigne des populations. »

C’est sans nul doute de ce dernier portrait-robot que se rapproche le plus Hélène Rossinot, si tant est que l’on puisse faire entrer dans une quelconque case une personnalité aussi éclectique.

A tout juste 31 ans, elle est de ceux qui font souffler un vent de fraîcheur et mettent un coup de projecteur sur cette discipline méconnue et marginale en France qu’est la « santé publique et médecine sociale ». La spécialité compte seulement 1 620 représentants en activité régulière, sur les 198 018 médecins exerçant au 1er janvier 2020, selon le conseil de l’ordre des médecins.

« Une boule d’énergie »

Beaucoup ont découvert Hélène Rossinot ces derniers mois dans les médias et sur les réseaux sociaux sur le thème quasi unique du moment, la pandémie de Covid-19. Mais c’est dès septembre 2019, à peine sortie des bancs de la faculté de médecine (à Nancy, sa ville d’origine, puis Paris pour l’internat), qu’elle s’est fait remarquer avec un livre, Aidants, ces invisibles (éditions de l’Observatoire), consacré à ces millions de personnes qui prennent soin d’un proche malade ou handicapé. Muriel Beyer, fondatrice et directrice des éditions de l’Observatoire, qui ne s’était jamais penchée sur la question, se souvient d’avoir vu arriver « une boule d’énergie, engagée à un point qui m’a touchée ». Hélène Rossinot est ressortie de son bureau avec un contrat en poche. Son sujet de thèse s’est transformé en enquête et en combat personnel et l’ouvrage a largement contribué à mettre sur la place publique cette problématique de société.

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Faire des statistiques ou de la recherche académique, qui sont le quotidien d’un certain nombre de médecins de santé publique, voilà qui n’est pas trop son truc. Ses mots-clés sont plutôt : communiquer, expliquer, échanger, débattre… Des exercices auxquels elle s’adonne avec passion depuis l’enfance et dans lesquels elle semble aussi à l’aise sur un plateau de télévision que sur le terrain.

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