Gérard Larcher réélu président du Sénat


Le président réélu du Sénat, Gérard Larcher, le 1er octobre 2020.

C’est sous les acclamations que le nom de Gérard Larcher a été accueilli à l’annonce de la liste des candidats à l’élection pour la présidence du Sénat. « Ce n’est pas un vote par applaudissements », avait pourtant prévenu le doyen d’âge des sénateurs, Jean-Marie Vanlerenberghe, lors de son discours inaugural, débuté peu après 15 heures.

Quelque 348 sénateurs étaient réunis dans la salle des séances jeudi pour élire leur nouveau président à l’issue des élections sénatoriales du dimanche 27 septembre. Avec 231 voix, le sénateur des Yvelines, Gérard Larcher, regagne le « plateau » (surnom de la tribune présidentielle dans l’hémicycle) pour un quatrième mandat.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Elections sénatoriales : sans surprise, la droite renforce son influence au Sénat

A 71 ans, celui qui incarne pour beaucoup d’élus « la France des territoires » continue à marquer le Sénat de son empreinte politique depuis près de trente ans. Durant le mois de septembre, il a sillonné la France, allant à la rencontre des élus pour assurer le retour de la majorité de droite au Sénat. Démarche réussie, puisque le groupe Les Républicains (LR) compte désormais 150 sénateurs sous la présidence du sénateur de Vendée, Bruno Retailleau, réélu mercredi à la tête du groupe.

« Porte-voix des territoires », « homme de compromis », « fin politicien », les éloges ne manquent pas à l’égard de celui qui incarne la figure consensuelle de la droite et du centre face à ses représentants souvent divisés. Au Sénat, il réunit autour de lui les élus de tout bord, de la gauche à la droite, qui louent sa capacité à rassembler et à s’imposer.

Bras de fer avec Emmanuel Macron

Dès 2017, il s’inscrit dans un bras de fer politique avec Emmanuel Macron, lui reprochant la verticalité de son pouvoir et son manque de concertation avec les élus locaux. Voulant faire office de « contre-pouvoir » à la majorité présidentielle, il n’hésite pas à user du rapport de force à travers les prérogatives du Sénat. La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla en 2018 reste un des faits marquants de son troisième mandat. Ardent défenseur du bicamérisme et des institutions de la Ve République, il exige néanmoins depuis plusieurs années une réforme en faveur de la décentralisation.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les régionales de 2021, rampe de lancement ou piège pour les présidentiables de droite ?

Ancien vétérinaire et passionné de chasse, il a commencé son engagement politique chez les jeunes gaullistes avant de gravir un à un les échelons du RPR. Pendant trente et un ans, il a été maire de Rambouillet, en parallèle de sa carrière au Sénat. Devenu sénateur des Yvelines pour la première fois en 1986, à l’âge de 36 ans, il a beaucoup œuvré pour relégitimer aux yeux du grand public la deuxième chambre.

Sa trajectoire politique s’est construite au gré des allers-retours entre le Palais du Luxembourg et les ministères du travail, sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin (2004-2005) puis Dominique de Villepin (2005-2007). C’est en 2007 qu’il revient pour de bon au Palais du Luxembourg. En 2008, il s’oppose à M. Raffarin pour le « plateau » et l’emporte dès le premier tour d’une primaire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Au Sénat, entre continuité et rebondissement, les groupes politiques choisissent leurs chefs de file

Mais, en 2011, après l’échec de son camp aux sénatoriales, il doit laisser la place au socialiste Jean-Pierre Bel, jusqu’à ce que la droite prenne sa revanche aux élections de 2014. En 2017, il avait été élu dès le premier tour, avec 223 voix sur 317 suffrages exprimés, contre 79 voix pour le président PS de l’époque, Didier Guillaume, et 15 voix pour la présidente du Groupe communiste républicain, citoyen et écologiste, Eliane Assassi.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: