Génération identitaire veut déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour contester sa dissolution


Des membres du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire manifestent à Paris, le 20 février, contre la dissolution alors promise par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin.

Le petit groupe d’extrême droite Génération identitaire a été dissous mercredi 3 mars, en conseil des ministres, comme l’avait promis le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Les militants avaient tenté un dernier baroud d’honneur, en déployant le matin même une banderole « On ne dissout pas une génération » sur un pont de Paris, mais la police est intervenue juste avant. « Jusqu’à maintenant, notre bataille tournait autour de l’activisme, a commenté Clément Martin, l’un des porte-parole de l’association. Maintenant nous allons entrer au sein de la bataille juridique. »

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Génération identitaire se promet de déposer dans les deux mois un recours devant le Conseil d’Etat pour excès de pouvoir, après un référé-suspension qui vise à suspendre provisoirement le décret de dissolution. L’association entend en profiter pour déposer deux questions prioritaires de constitutionnalité. La première sur le dispositif global de dissolution, qui n’autorise pas de sanctions intermédiaires – avertissement ou suspension temporaire –, la seconde consacrée à la provocation à la discrimination, « qui est à la discrétion du gouvernement, estime le porte-parole. Nous souhaitons que cette accusation puisse être uniquement reliée à des condamnations définitives devant les tribunaux ». L’association n’a en effet, en tant que telle, jamais été condamnée.

« Symbolique et rhétorique martiales »

Le décret de dissolution s’appuie, lui, sur deux motifs : l’association « promeut en réalité, estime le ministère, une idéologie incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion », notamment en entretenant « un amalgame insidieux » entre les musulmans, les immigrés et « “la racaille” », « les assassins ou les terroristes ». Il lui reproche notamment des « liens avec des groupuscules d’ultradroite dont elle reçoit un soutien logistique », et aussi un don de 1 000 euros de Brenton Tarrant, l’auteur de l’attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui avait fait 51 morts en mars 2019. Génération identitaire répond qu’elle n’est « pas responsable des gens qui font des dons », que Tarrant avait envoyé de l’argent en 2017, deux ans avant de basculer dans un terrorisme « qu’elle condamne évidemment ». Le don a été renvoyé « à une association d’enfants pupilles de la nation, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïtés ».

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