Face aux tueries de masse, Joe Biden s’attaque au marché des armes à feu


Un client prend en main un fusil semi-automatique dans un magasin d’armes à feu, à Orem (Utah), le 4 février 2021.

Joe Biden a dévoilé, jeudi 8 avril, des premières mesures pour mieux encadrer le marché des armes à feu, qui alimentent le fléau des tueries de masse. La mort de vingt personnes dans deux massacres commis en mars en Géorgie et dans le Colorado aura contraint le président des Etats-Unis à passer à l’action.

En prenant la parole, Joe Biden a assuré qu’aucune de ses propositions ne portait atteinte au deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui protège le droit de détenir une arme. « La violence armée dans ce pays est une épidémie et c’est un embarras international », a-t-il assuré, avant d’en rappeler les statistiques meurtrières. « Ça suffit, ça suffit, ça suffit, a-t-il ajouté. Assez de prières, il faut commencer à agir. »

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Les dispositions annoncées peuvent paraître modestes au regard de l’ampleur d’un phénomène responsable chaque année de la mort de plus de quarante mille personnes – dont plus de la moitié de suicides. Elles sont placées sous l’autorité du nouvel attorney general des Etats-Unis (ministre de la justice), Merrick Garland.

Ce dernier doit s’attaquer ainsi au phénomène des « armes fantômes », achetées en pièces détachées et qui ne comportent pas de numéro de série, les rendant intraçables. Les modifications apportées à certaines armes de poing, comme l’ajout d’un stabilisateur pour les rendre plus précises, et donc plus meurtrières, sont également concernées. L’auteur de la tuerie du Colorado avait ainsi adapté son arme.

Un rapport sur le trafic d’armes commandé

Le ministère de la justice doit en outre permettre l’adoption par les Etats qui le souhaiteraient de législations permettant la confiscation temporaire d’armes à feu lorsque leur détenteur représente un danger pour lui-même ou pour ses proches. Joe Biden a également chargé Merrick Garland d’établir un rapport sur le trafic d’armes, ce qui n’a pas été fait depuis deux décennies.

Le président des Etats-Unis s’est efforcé de répondre par avance à la frustration des organisations qui militent pour un meilleur encadrement des armes à feu et pour l’interdiction de certaines d’entre elles, comme les armes semi-automatiques, régulièrement utilisées dans les tueries de masse, en nommant à la tête de l’agence fédérale qui en est responsable une figure de ce mouvement.

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David Chipman, un ancien membre du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives, travaille en effet depuis cinq ans pour l’une de ces organisations, fondée par une ancienne parlementaire démocrate, Gaby Gifford, elle-même grièvement blessée lors d’une tuerie de masse à Tucson (Arizona), en 2011, et présente jeudi à la Maison Blanche. Signe de l’extrême politisation du dossier des armes à feu, ce poste est vacant depuis 2015 et la confirmation par le Sénat du choix de Joe Biden devrait donner lieu à une bataille d’autant plus âpre que la majorité démocrate ne tient qu’à une voix.

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