Face à la crise, Airbus choisit la manière forte et envisage de supprimer 15 000 postes


Des avions Airbus SE A321 dans l’usine de Mobile, dans l’Alabama (Etats-Unis), en juillet 2017.

Airbus a choisi la manière forte. A l’occasion d’un conseil économique et social européen (CESE) ordinaire, mardi 30 juin, suivi le même jour, d’un CESE extraordinaire, la direction de l’avionneur a annoncé un plan de départs de grande ampleur. Au total, le groupe présidé par Guillaume Faury veut supprimer environ 15 000 postes d’ici à l’été 2021. Une saignée encore plus importante que celle effectuée en 2007 à l’occasion du plan de restructurations baptisé Power 8 qui prévoyait 10 000 suppressions de postes.

Cette fois, aux dires de M. Faury, c’est « l’ampleur et la profondeur de la crise de Covid-19 » qui poussent Airbus à tailler dans ses effectifs. Les coupes interviendront presque exclusivement au sein de la branche aviation commerciale qui emploie 81 000 personnes sur les 135 000 salariés de l’entreprise.

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Airbus prévoit de supprimer 5 000 postes en France, 5 100 en Allemagne, 1 700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne et 1 300 sur les autres sites dans le reste du monde, notamment en Chine et aux Etats-Unis où l’avionneur européen a installé des usines d’assemblages. Enfin, ces réductions d’effectifs incluent un peu plus de 900 suppressions de postes déjà décidées chez Premium Aerotec, une filiale du groupe en Allemagne.

Ces 15 000 suppressions de postes « sont la plus grosse réduction d’effectifs à laquelle Airbus a jamais procédé », a reconnu le PDG. Selon lui, le groupe ne pouvait s’y soustraire alors que « 40 % de notre activité a disparu ». Fin avril, le rival américain Boeing avait déjà annoncé 16 000 suppressions de postes, soit 10 % de ses effectifs.

« Plan d’adaptation »

Ces coupes claires sont la deuxième étape du plan d’adaptation mis en place par Airbus depuis le début de la crise. Depuis mars, l’avionneur avait pris des mesures de court terme « pour protéger l’entreprise », telles que « l’utilisation massive du chômage partiel ». Airbus avait aussi sécurisé une ligne de crédit de 15 milliards d’euros et renoncé à verser des dividendes aux actionnaires.

Mardi, la direction n’a pas détaillé les modalités de son « plan d’adaptation ». Elles seront présentées aux organisations syndicales, pays par pays, mercredi 1er juillet, puis, site par site, jeudi 2 juillet. Le PDG a déjà indiqué que les dispositifs de retraite anticipée et les plans de départs volontaires seront utilisés. A l’occasion de cette seconde étape de son plan d’adaptation, la direction va négocier avec les syndicats des mesures additionnelles. L’objectif d’Airbus est de parvenir à conclure des accords de compétitivité qui pourraient inclure de la modération salariale, mais aussi l’abandon de jours de congé ou de journées de RTT. Pour l’instant, aucune fermeture de site n’est à l’étude.

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