Entre les écologistes et le sport, je t’aime moi non plus


Le maire de Lyon, Grégory Doucet, à l’arrivée de la 14 e étape du Tour de France dans sa ville, le 12 septembre.

Est-ce un amour déçu ou une franche hostilité ? Depuis leur succès en juin, les nouveaux maires et élus Europe Ecologie-Les Verts (EELV) multiplient les déclarations concernant le sport de haut niveau. L’édile de Lyon, Grégory Doucet, a ainsi vivement critiqué le Tour de France, qui s’arrêtait dans sa ville les 12 et 13 septembre. Pour lui, cet événement est « machiste et polluant » et doit, comme les autres compétitions, être repensé, modernisé, ainsi qu’il l’a expliqué dans les colonnes du Progrès, avant de remettre le maillot… vert du meilleur sprinteur à l’Irlandais Sam Bennett à l’arrivée dans sa ville.

Au cour de l’été, les élus écologistes de Rennes, alliés à la maire socialiste Nathalie Appéré, se sont, eux, opposés à l’accueil par leur ville du départ du Tour en 2021. L’épreuve partira finalement de Brest (Finistère).

A gauche, il n’est pas rare d’avoir un regard acéré sur les compétitions internationales − notamment les Jeux olympiques (JO), Coupes du monde et Euro de Foot, Tour de France –, véritables barnums qui transforment les villes organisatrices en de vastes espaces publicitaires et commerciaux pour les sponsors. La spécificité des écologistes est, en revanche, de les assumer encore davantage, quitte à s’attirer de vives critiques de tous leurs adversaires ou anciens amis.

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« Leur rapport au sport symbolise leur idéologie. On voit leur rapport au plaisir. Pour eux, le monde va mal, il est détruit. Ils ont peur de jouir, de prendre leur plaisir total », tacle Daniel Cohn-Bendit. L’ancien député européen Vert, aujourd’hui soutien d’Emmanuel Macron, ne décolère pas contre ses ex-camarades, lui qui aime plus que tout le football, le Tour de France et l’athlétisme. Il résume : « Des Jeux olympiques écolos, on peut faire. Mais avouez qu’une finale du 100 mètres, c’est magnifique, c’est de l’art ! Apprécier cela n’implique pas d’oublier la corruption, le dopage, l’argent. »

« Plaisir d’être ensemble »

Le député européen Yannick Jadot n’est pas loin de penser la même chose. « C’est vrai qu’il y a une défiance chez nous envers le sport business. Je ne m’y retrouve pas complètement. J’adore les Jeux olympiques, j’ai kiffé la Coupe du monde en France. Les militants ne sont pas toujours fans de sport et notre parti est capable de coller des réunions un soir de match… Mais on peut toujours aimer cela et combattre la corruption, le dopage, faire des infrastructures respectueuses de l’environnement, qui s’intègrent dans le tissu urbain… », assure l’homme fort d’EELV.

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