Entre le Brexit et le Covid-19, les musiciens ont le blues au Royaume-Uni


Au festival de Glastonbury, en juin 2016, l’hommage rendu à Prince et David Bowie, morts plus tôt dans l’année.

Pour l’anniversaire de la mort de David Bowie (le 10 janvier 2016), nombre de Britanniques ont partagé avec nostalgie sur les réseaux sociaux un concert de l’artiste lors du Festival de Glastonbury, en juin 2000. Bowie y interprète Wild Is The Wind à la tombée de la nuit, face à des dizaines de milliers de spectateurs agglutinés dans ce coin de campagne du Somerset (sud-ouest de l’Angleterre). Un moment fort du premier festival de pop music du pays.

Y aura-t-il une édition 2021 de Glastonbury, cet été ? Rien n’est moins sûr, et les musiciens britanniques broient du noir. L’an 2020 a évidemment été catastrophique pour ce secteur, pourtant un des plus dynamiques au monde, et cette nouvelle année ne se présente pas non plus sous les meilleurs auspices, à cause du Brexit et de la résurgence de l’épidémie de Covid.

Ellie Giles est membre du conseil d’administration de Music Managers Forum, un des principaux syndicats de manageurs musicaux. Basée à Londres, la jeune femme s’est fait remarquer début janvier par une série de Tweet expliquant à quel point le Brexit allait compliquer les tournées européennes d’artistes britanniques. En l’absence d’accord spécifique conclu fin 2020 entre le gouvernement Johnson et Bruxelles pour permettre leur libre circulation dans l’Union européenne (UE), « ils vont avoir besoin de permis de travail pour chaque Etat membre. J’ai cru comprendre que ce ne sera pas nécessaire pour la France, mais nous n’avons aucune information concernant les autres pays », déplore la jeune manageuse, jointe au téléphone.

Ellie Giles, manageuse : « Nos camions de matériel n’auront pas droit à plus de trois arrêts dans l’Union européenne ! Dès lors, les tournées sont impossibles, à moins de passer par un transporteur européen »

Le problème peut paraître lointain, la pandémie empêchant pour l’heure les artistes de bouger, mais il ne l’est pas. Ellie Giles tente ainsi de reprogrammer une tournée du groupe londonien de musique électronique Warmduscher, initialement prévue en 2020, entre France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Autriche et République tchèque, mais elle est incapable d’en évaluer précisément les coûts.

« Il nous faudra peut-être un “carnet” [un passeport pour les marchandises, afin d’éviter de payer des taxes aux frontières], qui pourrait coûter jusqu’à 350 livres par an [393 euros]. Les règles du cabotage dans l’UE vont également s’appliquer : nos camions de matériel n’auront pas droit à plus de trois arrêts dans l’UE ! Dès lors, les tournées sont impossibles, à moins de passer par un transporteur européen. Et il y a le problème du merchandising : est-ce que les fans européens vont continuer à acheter des objets à 40 livres sterling ou 50 livres sterling à un groupe anglais s’il faut payer 5 livres à 10 livres de taxes à l’importation ? », liste la jeune femme, qui avoue avoir perdu 70 % de ses revenus en 2020.

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