Entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan « le danger est toujours là »


Le village d’Aygepar, dans la région arménienne de Tavoush, a subi des bombardements, le 18 juillet, lors d’affrontements à la frontière arméno-azerbaïdjanaise.

Il était un peu plus de 22 h 30 quand, dans la nuit du mardi 21 au mercredi 22 juillet, Chouchane Stepanian, la porte-parole du ministère de la défense arménien a alerté d’une nouvelle offensive du voisin azerbaïdjanais, faisant à nouveau frémir la communauté internationale. « Les unités spéciales de l’ennemi ont lancé une nouvelle attaque en direction de la position “sans peur”. Les forces arméniennes ont repoussé l’ennemi, causant d’importantes pertes. Selon les informations provisoires, les forces spéciales de l’ennemi ont, outre les blessés, des militaires piégés sur zone », écrit-elle sur Facebook.

Dans le camp opposé, le porte-parole du ministre azerbaïdjanais de la défense, Vagif Dargahli, a qualifié le propos de « fake news ». « Il n’y a pas eu de nouvelle attaque, encore moins de blessés, de notre côté », a-t-il assuré, rappelant toutefois que la région frontalière qui relie Tavouch au nord-est de l’Arménie et Tovuz en Azerbaïdjan restait « tendue ».

Nouvelle escarmouche dans la guerre sans fin qui oppose les deux ex-pays soviétiques ou étincelle à même de mettre le feu dans cette poudrière du Caucase ? Depuis la mi-juillet et l’escalade des tensions entre les deux pays, le point de non-retour menace chaque jour d’être franchi.

Conflits sanglants

Tout démarre le 12 juillet. Prenant de court des observateurs internationaux, des combats éclatent dans cette zone à la frontière entre Azerbaïdjan et Arménie, donnant lieu à une spirale incontrôlée durant plusieurs jours. Aux tirs de mortiers répondent les obus atteignant les villages d’Aygepar et Movses. Bilan : au moins 17 morts, dont 12 militaires et un civil azerbaïdjanais et quatre soldats arméniens. Bakou pleure notamment la mort d’un général abattu par un drone, tandis que la foule descend dans la rue pour réclamer vengeance. Ilham Aliev, président azerbaïdjanais remplace alors manu militari son ministre de la défense jugé trop « passif ». Chaque camp se rejette la faute accusant l’autre d’être à l’initiative des combats.

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La guerre qui oppose les deux pays est une vieille histoire. Mais elle se concentre habituellement dans le territoire séparatiste du Haut-Karabakh. Province peuplée en majorité d’Arméniens, rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 par Staline, le Nagorny-Karabakh est le théâtre d’affrontements ethniques depuis la fin des années 1980. A la chute de l’empire soviétique, ce petit bout de terres montagneuses proclame son indépendance, entraînant un conflit armé régional. Un fragile cessez-le-feu est signé en 1994 après une débâcle militaire de l’Azerbaïdjan pourtant bien mieux armé – plus de 30 000 morts de part et d’autre – et l’expulsion des Azéris. Dans l’affaire, Bakou perd 13 % de son territoire.

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