Entre écologie et crise sanitaire, plongée au cœur de la métropole de Lyon


Réunion de la cellule de crise pour la gestion de l’épidémie de Covid-19, à la Métropole de Lyon présidée par Bruno Bernard, le 17 novembre.

On devine les mâchoires crispées sous les masques. Les vingt-trois vice-présidents de la métropole de Lyon se réunissent, mardi 17 novembre, disséminés dans la grande salle du conseil, distance sanitaire oblige. A peine sorti des urnes, le nouvel exécutif lyonnais est au complet pour une épreuve de vérité. La majorité emmenée par les Verts est contrainte de revoir ses plans, taraudée par cette interrogation : l’ambition écologiste peut-elle résister aux répercussions de la crise sanitaire ?

Après les dépenses d’urgence liées à l’épidémie de Covid-19, la capacité d’autofinancement de la deuxième agglomération de France a baissé de moitié, passant de 464 millions d’euros à 230 millions. « Il va falloir trouver des équilibres et arbitrer », prévient Bruno Bernard. Debout au centre de l’hémicycle, micro en main, le président (Europe Ecologie-Les Verts, EELV) de la métropole de Lyon reconnaît que ses prédécesseurs ont laissé « une collectivité qui se porte bien ». Mais le coût du double confinement a bouleversé la donne.

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Dotée d’un budget annuel de 3,5 milliards d’euros, la collectivité lyonnaise compte 9 000 agents. Elle avait la possibilité d’investir jusqu’à 3,2 milliards d’euros pour la durée du mandat. De quoi faire rêver les écologistes, soucieux de démontrer leur capacité à gérer.

Durant la campagne électorale, les candidats verts et leurs alliés ont prévu de multiplier les voies cyclables, de réaliser de nouvelles lignes de transport, et même un téléphérique, de construire 6 000 logements et cinq collèges. Faut-il sacrifier des projets ? Lesquels ? Réponse avant le mois de janvier, date du plan pluriannuel d’investissement (PPI). Le PPI a été volontairement avancé de huit mois par rapport au calendrier habituel, pour accélérer la relance et concrétiser les promesses.

Séminaire des vice-présidents de la métrople lyonnaise consacré à la prospective budgétaire, le 17 novembre.

« C’est dur d’être écolo en 2020 »

« Nous avons porté devant les électeurs un projet de transition écologique, mais aussi de justice sociale, de réduction des inégalités. Le choix d’aujourd’hui est collectif, je ne souhaite pas jouer le rôle du chef qui décide tout », déclare Bruno Bernard, avant que la réunion se poursuive à huis clos, jusqu’à la tombée de la nuit.

Flanqué de son cabinet et des directeurs généraux, le président écologiste n’oublie pas les thématiques sociales, chères à ses partenaires de la gauche socialiste, communiste et « insoumise ». « Nous avons beaucoup de manettes, c’est une chance immense pour le territoire, nous avons le devoir de réussir », ajoute M. Bernard, pour motiver sa majorité. A la tête de la métropole et de quatre grandes villes (Lyon, Villeurbanne, Vénissieux, Vaulx-en-Velin), écologistes et gauche unie disposent d’une configuration historique, sans compter le syndicat des transports de l’agglomération lyonnaise (Sytral), que le patron de la métropole a décidé de présider personnellement.

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