en librairie, le sursaut des ventes et la solidarité des clients


Le 11 mai 2020, lever de rideau pour les librairies déconfinées, comme ici, à Paris.

Comme un Noël en plein été ! Voilà l’image qui revient dans la bouche des libraires. Après deux mois catastrophiques (selon l’Observatoire de la librairie, entre mi-mars et mi-mai, les ventes ont chuté de 95 % par rapport à 2019), l’économie du livre a connu un rebond inespéré avec le déconfinement : + 19,6 % du 11 mai au 19 juillet par rapport à 2019. « Une excellente surprise », se réjouit Xavier Moni, président du Syndicat de la librairie française.

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De fait, nombre de librairies ont enregistré des hausses impressionnantes. « Ce sont souvent parmi les plus petites, remarque Xavier Moni. Aux yeux des clients, elles semblent à même de garantir de meilleures conditions sanitaires. » « Pendant le confinement, nous avons été très présents sur les réseaux sociaux, ce qui a eu un impact positif sur les ventes à distance, analyse de son côté Aurélie Garreau, de la librairie Le Monte-en-l’air, à Paris. A la réouverture, ces ventes ont continué, notamment via le site Placedeslibraires.fr. Et au 30 juin, nous avions rattrapé notre retard avec une hausse de 80 % du chiffre d’affaires. Et au 23 juillet, nous avons encore enregistré une progression de 53 % par rapport à 2019. » Même chose pour Charlotte Desmousseaux de La Vie devant soi, à Nantes (Loire-Atlantique) : « Coup sur coup, raconte-t-elle, nous avons fait en un seul mois les ventes de deux. »

« C’étaient des retrouvailles »

Bien sûr, le contexte était favorable : non seulement les amoureux de la culture avaient été frustrés de lecture pendant deux mois mais, surtout, ils n’avaient guère d’autre offre culturelle disponible – impossible d’aller au théâtre ou au concert… De plus, les grosses machines comme Amazon, en plein chaos logistique, ont mis du temps à redémarrer. Pourtant, les libraires espèrent avoir assisté à quelque chose de plus profond. « Je n’avais jamais vu ça, témoigne Hélène des Ligneris, de La Machine à Lire, à Bordeaux. On vend beaucoup de livres du fonds, Camus, les romanciers russes, des essais parfois difficiles. Et tout cela dans un climat de bienveillance, car on a eu du mal à se remettre en route, il y a eu des problèmes de réapprovisionnement, et les clients ont accepté des délais plus longs avec beaucoup de compréhension. Pour moi, cela n’a rien à voir avec Noël, où on a un afflux auquel on est préparé. Là, c’étaient des retrouvailles ! Derrière les masques, on a senti l’émotion. Je pense qu’il se passe quelque chose avec le livre, c’est un refuge. Les gens nous disaient : “Vous nous avez manqué, ça a été difficile de vivre sans vous !” »

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