en Inde, les scientifiques dénoncent « les spéculations » autour de l’immunité collective


Un agent de santé dépiste les symptômes du Covid-19 dans le bidonville de Dharavi, à Bombay, en Inde, le 8 septembre.

C’est désormais une certitude, l’Inde sera bientôt le pays affichant le plus grand nombre de cas de Covid-19 dépistés au monde. Il faut actuellement à peine deux semaines au géant d’Asie du Sud pour enregistrer un million de nouvelles contaminations, et la tendance risque de s’accélérer en octobre et novembre, avec la saison des fêtes religieuses propres à rassembler des foules très denses, Navratri, Durga Puja, Dussehra et Divali. Lundi 28 septembre, le compteur a franchi la barre des 6 millions de cas détectés et des 95 000 morts.

Rapporté à la population, 1,38 milliard d’habitants, le sous-continent reste toutefois très bas dans les classements internationaux, ce que ne manquent pas de répéter les autorités publiques : avec un peu plus de 4 300 cas détectés par million d’individus, il est bien moins frappé que la France (8 080 cas par million) ou le Qatar (43 330), selon le site Our World in Data, alors que le nombre de tests pratiqués, certes plus faible qu’en Occident, tourne maintenant autour d’un million par jour. En nombre de morts également, l’Inde connaît une situation peu alarmante en apparence, avec 68 décès par million d’individus, contre 485 en France ou 974 au Pérou. Cela reste vrai, même si le nombre réel de morts pourrait être « trois fois supérieur » au chiffre officiel, ainsi que le suggère l’Indian Journal of Medical Research dans un article paru le 17 septembre.

Il n’en reste pas moins qu’à ce stade, personne ne se risque à un quelconque pronostic sur le ralentissement de l’épidémie et que les résultats des différents essais cliniques de futurs vaccins en cours sont particulièrement attendus. Mais c’est surtout l’atteinte d’une immunité collective qui occupe actuellement les esprits, cette idée que si un pourcentage important de la population a été contaminé par un agent pathogène, celui-ci est conduit automatiquement à l’extinction.

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Pas d’hécatombe dans les bidonvilles

Le Tata Institute of Fundamental Research (TIFR) a soulevé des espoirs en publiant, le 5 septembre, les résultats étonnants d’une étude sérologique menée en juillet dans trois quartiers de Bombay, métropole de 21 millions d’habitants constituant l’un des foyers infectieux les plus dynamiques du pays. Menée avec le concours de la municipalité et de NITI-Aayog, instance de conseil économique auprès du premier ministre, cette étude a révélé que jusqu’à 58 % des gens vivant dans les bidonvilles et jusqu’à 17 % du reste de la population urbaine présentaient des anticorps au SARS-CoV-2.

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