En Gironde, un village d’enfants placés accueille des fratries


« Maison 6 », au village d’enfants des Sablons (Gironde), le 16 septembre.

Dans la « maison numéro 6 », c’est l’heure des crêpes. Jonathan (tous les prénoms ont été modifiés), 10 ans, partage son goûter avec son petit frère, qui fêtera son anniversaire le lendemain, ainsi qu’avec les autres enfants de cette maison, âgés de 4 à 14 ans. Au total, comme dans les neuf autres maisons du village d’enfants de Sablons (Gironde), entre champs et vignes, ils sont six enfants à vivre un quotidien presque normal avec leurs deux éducatrices, Marie et Valentine, âgées de 22 ans. Elles les emmènent à l’école le matin dans l’un des établissements du secteur, les aident pour leurs devoirs le soir, tout en préparant le dîner, avant de les coucher. En cas de cauchemars la nuit, elles sont présentes. Tout comme lorsqu’un enfant a un rendez-vous médical.

Ici, les éducateurs, en équipe de deux, ont un rythme de travail particulier, « en 8/6 », précise Nathalie Agamis, directrice du village. Huit jours de travail suivis de six jours de repos, pendant lesquels un second binôme prend le relais et vit avec les enfants. L’agrément de ce village lui permet d’accueillir des jeunes entre 0 et 18 ans. A Sablons, le plus jeune a 2 ans, la plus âgée 16 ans. Un partenariat a également été tissé avec une maison d’assistantes maternelles locale, qui prend en charge les plus petits qui ne vont pas encore à l’école.

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Les cinquante – bientôt cinquante-quatre – enfants de ce village, situé à une demi-heure de Libourne, sont arrivés en septembre dernier. Ils ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance du département puis ont été placés pour « carence éducative » explique Nathalie Agamis. « Les enfants sont orientés pour tout type de violences : physiques, pressions psychologiques… Mais aussi lorsque les familles vivent des périodes compliquées économiquement, socialement », développe-t-elle.

« Maintenir la fratrie »

La particularité de ce lieu piloté par la Fondation Action enfance est de ne pas séparer les fratries, afin que frères et sœurs puissent vivre ensemble sous le même toit, ou dans une autre maison lorsqu’il est préconisé de ne pas les faire cohabiter. L’objectif : préserver ce lien entre frères et sœurs, essentiel à leur équilibre. Ce village d’enfants, à l’initiative du département de la Gironde, qui a la responsabilité de la protection des mineurs sur son territoire, est le premier du genre dans le département.

En France, une trentaine de villages similaires existent déjà, gérés par l’association SOS Village d’enfants et la fondation Action Enfance. « Le projet est né d’un constat que dans un certain nombre de situations de protection de l’enfance, il est nécessaire parfois de séparer la fratrie, car il peut y avoir des problèmes de reproduction de comportements d’un enfant sur un autre par rapport à ce qu’il a vécu. Dans d’autres situations, il y a une nécessité de maintenir la fratrie parce qu’il y a déjà une rupture avec la famille », détaille Jean-Luc Gleyze, président du département.

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