En Corse, de jeunes nationalistes s’introduisent dans la préfecture d’Ajaccio


Deux banderoles ont été déployées sur la façade de la préfecture d’Ajaccio, le 22 février 2021.

Une vingtaine de jeunes nationalistes se sont introduits dans la préfecture d’Ajaccio lundi 22 février, pour protester contre le statut pénal d’Alain Ferrandi et de Pierre Alessandri, deux membres du commando Erignac condamnés à perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse en 1998. Cette action et l’expulsion des militants par les forces de l’ordre durcissent le ton de la campagne des élections territoriales en Corse, jusqu’ici atone.

Le petit groupe, ayant profité en milieu de matinée de l’ouverture des grilles à un véhicule pour accéder au palais Lantivy, a exprimé, selon la préfecture, « la volonté d’accéder par la force au bureau du préfet et de ses services ». Après une heure et demie d’occupation, le déploiement de deux banderoles à des fenêtres et la lecture d’un communiqué au coordonnateur pour la sécurité en Corse, qui avait proposé de les recevoir, les manifestants ont été expulsés manu militari. « Ils se sont opposés par la force à leur évacuation par la police et ont saccagé des bureaux, signale la préfecture de Corse, qui a saisi l’autorité judiciaire. Des fonctionnaires de la préfecture et des forces de l’ordre ont été pris à partie et blessés. »

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« Il faut que Paris change de méthode »

La sortie de ces jeunes, dont certains avaient le visage ensanglanté devant les médias et scandaient « libertà ! » (« liberté »), n’a pas manqué de faire réagir la classe politique. « Nous voulions occuper pacifiquement la préfecture pour avoir une réponse du gouvernement quant à la levée du statut de DPS [détenu particulièrement signalé], qui empêche Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, par ailleurs libérables depuis quatre ans, d’être rapprochés dans une prison corse comme le dit la loi », a déclaré au Monde l’un des participants, Simon’ Paulu Ferrandi, 23 ans, le fils d’Alain Ferrandi, détenu avec Pierre Alessandri depuis 1999. « Nous étions là pour une revendication de droit et non politique, nous n’avons aucune bannière et nous n’étions pas là pour faire les choux gras de tel ou tel parti », a poursuivi M. Ferrandi, niant les violences commises dans l’enceinte préfectorale. Il compte dans ses rangs « cinq à six manifestants blessés par des policiers ».

Simon’ Paulu Ferrandi, le visage ensanglanté, s’est adressé aux journalistes à la fin de l’occupation de la préfecture d’Ajaccio, le 22 février 2021.

Ce coup de poing a réussi le tour de force de faire réagir comme un seul homme la majorité nationaliste fracturée désormais en trois courants et qui pourrait ne pas reconduire son alliance pour l’élection de juin. Le conseil exécutif de Corse estime que cette action « symbolique » était « sur le fond légitime » et dit partager le « sentiment d’injustice et d’incompréhension et de colère ressenti non seulement par ces jeunes mais aussi par toutes celles et ceux qui dans l’île et ailleurs souhaitent que la logique de vengeance cède la place à la primauté du droit ».

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