en Argentine, la prudente réouverture des écoles après onze mois de fermeture


Une institutrice salue les élèves avec son coude lors de la reprise de l’école, le 17 février à Buenos Aires, Argentine.

« Le parc a rouvert ! », annonce, ébahi, un petit garçon à ses camarades, tout juste sortis d’une école primaire du centre de Buenos Aires. Les enfants hurlent de joie et s’élancent vers la place. Sur les terrains de basket et les aires de jeux, leurs uniformes, traditionnelles blouses blanches des écoles publiques argentines, se mêlent à ceux, bleu et rouge, d’une école privée du coin.

Après onze mois de fermeture des écoles, et dans un contexte de légère baisse de la courbe de nouveaux cas de Covid-19 en Argentine (où l’épidémie a fait plus de 51 900 morts), quelque 370 000 écoliers de la capitale ont repris progressivement le chemin de l’école depuis le 17 février. Ils devraient être rejoints en mars par le reste des élèves du pays, à l’exception de ceux vivant avec des personnes à risques.

Cette rentrée scolaire sous le soleil de l’été austral est accompagnée d’un protocole sanitaire strict que les petits Argentins qualifient, au mieux, de « bizarre ». « On ne peut presque rien toucher, on doit rester loin les uns des autres et des profs », s’étonne Gaspar, 10 ans. Groupes réduits, distanciation sociale, aération des salles de classe… Les règles sont nombreuses et parfois confuses pour les élèves. Affublés de petits masques colorés, ils se prêtent néanmoins au jeu.

« Les parents, c’est une autre histoire », s’inquiète l’employé municipal chargé de surveiller les sorties d’école. « En file indienne, à 1 mètre les uns des autres s’il vous plaît ! », leur lance-t-il. Ils s’exécutent mollement. « On nous gronde », sourit Lorena Censi. Mère d’un garçon de 10 ans, elle a accueilli la réouverture des écoles avec soulagement : « C’était infernal de continuer à travailler tandis qu’il n’allait pas à l’école ; je devais cuisiner, le motiver en permanence pour qu’il fasse ses devoirs… », raconte cette employée d’une compagnie d’assurances.

« Tout le reste a rouvert avant »

Dans cette école primaire qui avait la particularité, avant la pandémie, de faire « doble turno » (cours le matin et l’après-midi, contrairement à la plupart des écoles qui reçoivent les enfants sur une demi-journée), la durée des cours a été réduite à trois heures par jour pour limiter les possibles contagions. C’est déjà mieux que rien pour Chloé, 11 ans, qui se dit ravie d’avoir retrouvé les bancs – désormais individuels – de l’école : « Je préfère apprendre en classe que sur l’ordinateur ; je sens que j’ai oublié des choses en un an, et que mon écriture est moins soignée qu’avant », constate-t-elle.

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