En Angleterre, des retards d’apprentissage après six mois cumulés de fermeture d’écoles


Un professeur place des panneaux dans une salle de classe sur la transmission du Covid-19 à l’école primaire de Lostock Hall, à Poynton près de Manchester, en Angleterre, le mercredi 20 mai 2020.

La confirmation de la réouverture des écoles anglaises le 8 mars par Boris Johnson a été accueillie avec soulagement. « Notre priorité a toujours été de renvoyer les enfants à l’école, cruciale pour leur éducation, leur santé mentale et physique », a souligné le premier ministre britannique lundi 22 février. Les écoles avaient dû fermer le 4 janvier, quelques heures après le retour des vacances de Noël et ne sont depuis ouvertes qu’aux enfants des « travailleurs essentiels » (surtout pour de la garderie). « Ma fille rêve de reprendre le bus pour aller au collège, c’est dire ! », témoigne Laurence Jouenne, une maman d’origine française dont les deux enfants sont scolarisés dans des établissements anglais de l’Ouest londonien.

Pourtant, l’inquiétude demeure dans les foyers britanniques, alors que les écoliers ont accumulé presque six mois d’absence de cours « en présentiel » depuis mars 2020. L’impact de ces privations est compliqué à établir en l’absence d’examens nationaux l’année dernière, mais une première étude d’ampleur, publiée début février par l’Education Endowment Foundation (EEF) constate que le premier confinement a déjà entraîné des retards d’apprentissage (les écoles sont restées fermées entre fin mars et septembre 2020).

Réalisée en septembre auprès de 6 000 élèves de 168 écoles différentes faisant leur entrée en deuxième année de primaire, l’étude souligne un retard « significatif » de deux mois dans l’apprentissage de la lecture et la numération, par rapport à la même classe d’âge en 2017. L’écart entre des enfants de milieux défavorisés (bénéficiaires de la cantine gratuite) et de milieux plus aisés s’est creusé, les premiers accusant environ sept mois de retard dans les acquis sur les seconds. Des résultats alarmants dans un pays où le taux de pauvreté infantile frôle les 25 % et où le système éducatif reste très inégalitaire, avec 7 % des élèves inscrits dans des écoles privées souvent coûteuses.

Allongement de la journée

« Ce différentiel entre familles aisées et moins riches a surtout joué pendant le premier confinement, les aides destinées aux écoles [dons d’ordinateurs] n’ayant souvent pas eu le temps de leur parvenir », souligne Becky Francis, directive exécutive de l’EEF. Selon l’Ofcom, l’autorité de régulation des télécommunications, 1,8 million de petits Britanniques n’ont pas accès à un ordinateur ni à une tablette chez eux.

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