« En 2020, le changement passe par le climat »


Gregory Doucet, candidat EELV aux élections municipales pour la ville de Lyon, après sa victoire le 28 juin.

Qui connaît Grégory Doucet, le tombeur de Gérard Collomb à Lyon, ou Michèle Rubirola, qui vient d’infliger à Jean-Claude Gaudin la pire humiliation marseillaise ? Autant que la poussée des Verts dans un nombre historique de grandes villes, c’est le profil des conquérants qui retient l’attention. Le premier a consacré la majorité de sa vie professionnelle à l’humanitaire. Sa notoriété nationale est proche de zéro. La seconde, spécialiste en santé préventive, travaille dans les quartiers pauvres du nord de la ville. Avant d’être investie tête de liste du « Printemps marseillais », elle n’avait pas beaucoup fait parler d’elle en politique.

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Lyon et Marseille mais aussi Bordeaux, Strasbourg, Tours, Poitiers, Besançon, Annecy : la vague verte pousse sur le devant de la scène des militants quasi anonymes qui vont se frotter au pouvoir, gagner en notoriété, incarner une nouvelle offre municipale, comme le fait depuis 2016 Eric Piolle à Grenoble. Elle est porteuse de renouvellement dans un contexte démocratique lourd, marqué par une très forte défiance à l’égard des élus.

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Depuis le relatif succès d’EELV aux européennes de juin 2019, la possibilité d’une poussée verte était anticipée. Yannick Jadot, qui avait recueilli 13,5 % des suffrages lors de ce scrutin, escomptait de possibles conquêtes municipales pour conforter sa stratégie présidentielle, fondée sur l’incarnation d’« une nouvelle espérance » autour d’un projet humaniste, écologiste et social. Cependant, personne n’avait anticipé que de grandes métropoles tomberaient aussi facilement dans l’escarcelle, que des bastions a priori imprenables seraient dynamités par la cause verte dans un contexte marqué par la crise sanitaire et l’urgence sociale.

A la tête de larges coalitions de gauche, les écologistes donnent l’impression de réussir ce que les socialistes avaient commencé dans les années 1970 : incarner la promesse du changement. Le succès du PS aux municipales de 1977 n’avait-il pas annoncé la victoire présidentielle de 1981 ? Toute une génération d’acteurs politiques nouveaux, issus pour l’essentiel du milieu associatif, s’était alors formée aux responsabilités locales avant d’investir le pouvoir national.

Se confronter au pouvoir

En 2020, le changement passe par le climat. La lutte contre le réchauffement climatique est devenue la cause prioritaire d’un nombre croissant de jeunes qui ne supportent plus que ceux qui sont en responsabilité lambinent. Elle est incarnée par les écologistes qui sont de plus en plus tentés d’abandonner leur posture imprécatrice pour se confronter au pouvoir. Mais elle est aussi récupérée par un nombre important d’élus socialistes qui ont réussi à conserver leur fauteuil en verdissant considérablement leur programme.

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