Edouard Philippe, un ex-premier ministre qui veut faire fructifier sa popularité


L’ancien Premier ministre et nouveau maire du Havre, Edouard Philippe, en Normandie, le 20 juin.

Edouard Philippe – ses amis en conviennent – est du genre « susceptible ». Un jour de mars 2017, le maire du Havre – alors loin de se douter qu’il deviendra premier ministre au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron – sort du Conseil d’Etat passablement énervé ; le vice-président de l’institution, Jean-Marc Sauvé, retenu par une réunion, lui a posé un lapin. Deux mois plus tard, M. Philippe décide de laver l’affront quand il reçoit ce dernier à Matignon en tant que chef du gouvernement. « J’ai deux secondes d’avance, lance-t-il en ouvrant la porte de son bureau. La ponctualité, c’est cardinal pour moi ! »

Aujourd’hui, le juppéiste aurait, selon un proche, la « susceptibilité froissée » suite à son éviction par Emmanuel Macron, le 3 juillet. Parce qu’il souhaitait prolonger son bail, et que les derniers mois de travail avec le chef de l’Etat ont été traversés de tensions. Les deux hommes n’auraient d’ailleurs pas échangé de vive voix depuis leur séparation ; M. Philippe s’est simplement entretenu avec le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler. « Le président est inquiet de ne pas avoir de nouvelles d’Edouard Philippe, assure un de ses visiteurs. Il est paranoïaque à l’idée qu’il soit candidat face à lui en 2022. »

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« Le temps du repos »

Depuis qu’il a quitté son poste, le transfuge de la droite reste silencieux sur la politique nationale. Il a renfilé son écharpe de maire du Havre, ainsi que celle de président de la communauté urbaine ; il s’est autorisé quelques analyses footballistiques à la télévision à la mi-temps d’un match entre Le Havre et le PSG ; puis il s’en est allé en vacances en Italie. Pour le reste, rien. Le programme de sa rentrée politique, assure-t-on, n’a pas été fixé. Pas plus que le rôle qu’il imagine jouer au niveau national. « C’est trop tôt. Aujourd’hui, c’est le temps du repos plus que de la réflexion », juge un proche.

L’« ex », pour autant, n’entend pas prendre sa retraite, à 49 ans. « Il aura à cœur d’être dans le débat public, à sa manière. L’idée qu’il soit absent de la scène nationale est incongrue, juge son ami, le député européen Gilles Boyer. Le fait d’être réélu au Havre était le signal qu’il veut continuer la politique. » Pas question, en effet, de laisser en jachère sa popularité florissante. Ces derniers jours, M. Philippe a basculé en tête du classement des personnalités politiques préférées des Français de trois instituts de sondages différents, Ipsos, Elabe et YouGov. « Bernard Kouchner a été la personnalité politique préférée des Français, il n’a pas été président de la République pour autant », grince un ministre.

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