Doug Emhoff, le premier « Second Gentleman » de l’histoire des Etats-Unis


La vice-présidente élue, Kamala Harris, et son mari, Doug Emhoff, le 25 novembre 2020 à Washington DC.

LETTRE DE WASHINGTON

Dans quelques jours Doug Emhoff portera un titre qui n’existe pas encore. Lorsque le mercredi 20 janvier son épouse, Kamala Harris, prêtera serment et accédera à la vice-présidence des Etats-Unis, ce quinquagénaire au large front dégarni deviendra pour les quatre années à venir le premier « Second Gentleman » de l’histoire du pays.

Les Américains eux-mêmes ont eu du mal à trouver la meilleure appellation pour ce titre inédit, qui ne recouvre aucune fonction particulière et que les épouses de président incarnent avec plus ou moins d’enthousiasme et de prestance selon leur personnalité. Le futur « Sgotus » (Second Gentleman of the United States) aura donc toute latitude pour habiter son nouveau rôle et, potentiellement, le réinventer.

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Cet avocat californien, spécialiste du droit des médias, du sport et du spectacle, a laissé entendre qu’il profiterait de son « mandat » pour défendre l’accès à la justice pour les personnes défavorisées et lutter contre l’insécurité alimentaire ; volontiers discret, il n’a pas été plus précis sur ses intentions.

Les Second Ladies s’attachent généralement à promouvoir des bonnes œuvres, à organiser des réceptions et à parcourir le monde au côté de leur époux. La dernière en date, Karen Pence, ancienne institutrice, a brillé par sa discrétion.

Certificat de modernité

A 56 ans, M. Emhoff entre dans la vie publique avec un fort capital de sympathie. La complicité manifeste avec son épouse, ses déclarations d’amour sur les réseaux sociaux, son choix de mettre un terme à sa carrière pour se consacrer à l’ascension politique de sa femme lui ont valu des louanges unanimes et un certificat de modernité, y compris de la part des féministes, ravies d’observer au plus haut niveau une inversion des rôles.

M. Emhoff a quitté son cabinet d’avocat de Los Angeles pour prémunir le couple de toute accusation de conflits d’intérêt. Ses futures activités professionnelles devraient se résumer à quelques cours de droit à l’université de Georgetown à Washington.

Le couple véhicule en outre l’image d’une famille progressiste et multiculturelle, reflet d’une Amérique en mutation. Né dans une famille juive de New York, M. Emhoff est divorcé, père de deux jeunes adultes aux prénoms inspirés d’artistes de jazz noirs : Cole (pour John Coltrane) et Ella (pour Ella Fitzgerald). Ses enfants ont rapidement adopté Mme Harris, d’origine jamaïco-indienne, qu’il a épousée en 2014 quelques mois après un « coup de foudre » lors d’une rencontre organisée par une amie commune ; ils l’appellent Momala, contraction de Maman et de Kamala. Père et mari décidément comblé,

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