Donald Trump, président anti-normes


Pendant quelques jours, au début du mois de septembre, Donald Trump a dû se passer de départs en hélicoptère sur la pelouse sud de la Maison Blanche. Une armée de jardiniers y était affairée à remplacer le gazon abîmé par la foule venue assister au discours dans lequel il avait accepté la candidature républicaine, le 27 août. En prenant la parole devant ses fidèles, le président sortant avait célébré « notre belle majestueuse Maison Blanche connue à travers le monde comme la maison du peuple ». « Le fait est que nous y sommes et qu’ils n’y sont pas », avait-il ajouté en allusion à ses adversaires démocrates, réduisant l’édifice à une prise de guerre politique.

Des manifestants du Black Lives Matter rassemblés devant la Maison Blanche à l’issue de la convention du Parti républicain, officialisant la candidature de Donald Trump à la présidence, le 15 juin.

Cette réquisition d’un symbole national a couronné un mandat marqué par l’indifférence ou le mépris vis-à-vis des règles respectées par ses prédécesseurs. L’hypothèse d’une normalisation de l’ancien homme d’affaires n’a pas survécu à ses premiers mois passés dans le bureau Ovale. Aux exceptions très ponctuelles des discours traditionnels sur l’état de l’Union, la présidence n’a pas changé Donald Trump. Il l’a utilisée au contraire pour s’attaquer sans relâche à toute forme de contre-pouvoirs, soumettant les institutions à une pression sans équivalent depuis des décennies.

« Tous les droits »

Après avoir dirigé pendant quarante ans une entreprise non cotée en Bourse et donc sans avoir à rendre des comptes à un conseil d’administration, Donald Trump n’a cessé de vouloir repousser les limites de sa présidence. Dès 2017, cet habitué des contentieux assure avoir « le droit absolu de faire ce qu’[il] veu[t] avec le ministère de la justice ». Deux ans plus tard, il renchérit. « L’article 2 [de la Constitution américaine, qui concerne le pouvoir exécutif] me donne tous les droits à un niveau jamais vu auparavant », assure-t-il, en juillet 2019. Ajoutant : « Je peux faire tout ce que je veux en tant que président. »

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Cette liberté revendiquée s’est accompagnée d’un remue-ménage permanent, d’une ampleur sans précédent, aux dépens de la continuité de l’Etat. Un an après l’arrivée de Donald Trump à la présidence, 34 % de son équipe avait déjà été renouvelée, selon les décomptes de Kathryn Dunn Tenpas, spécialiste de la gouvernance à la Brookings Institution, un cercle de réflexion de Washington. Très loin des 6 % de celle de Barack Obama ou des 11 % de celle de George W. Bush.

« Je peux faire tout ce que je veux en tant que président. » Donald Trump

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