dix étapes d’une flânerie distanciée


LA LISTE DE LA MATINALE

La Nuit blanche a été maintenue, comme on maintient un flambeau. L’événement, qui se veut à la fois grand public et exigeant, et lance chaque année le mois de l’art contemporain, se présente, ce samedi 3 octobre, dans une formule allégée, tandis que le Covid a eu la peau de la FIAC.

Au tourbillon habituel – plus ou moins conceptuel, foisonnant, immersif ou narratif, selon les années et les directeurs ou directrices artistiques – de propositions redessinant les géographies artistiques de la ville le temps d’une nuit, la formule 2020 tente de concilier le pragmatique au poétique. Au sortir du confinement, la Ville a proposé à une direction collégiale composée de quatre directeurs et directrices de musées municipaux – Jeanne Brun (Musée Zadkine), Fabrice Hergott (Musée d’art moderne), Christophe Leribault (Petit Palais) et Amélie Simier (Musée Bourdelle) – de réfléchir à une Nuit Blanche « Covid compatible », et adaptée à un budget amputé de près des deux tiers.

Dans ce contexte en demi-teinte, cette édition s’annonce donc plus sage et linéaire, avec deux parcours d’une dizaine d’étapes chacun, de part et d’autre de la Seine. Au port du masque obligatoire s’est ajoutée, une semaine avant son lancement, une contrainte supplémentaire : l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes dans l’espace public. Pour éviter tout attroupement, la performance sous toutes ses formes, qui fait habituellement le sel des éditions, avait de toute façon été écartée du champ des possibles, avec un accent mis sur les installations vidéo et sonores en extérieur.

La déambulation se mue donc en « flânerie » cette année, avec un thème propre à la contemplation : l’attention au monde naturel et à la « commune présence » de l’homme et de la nature, pour reprendre la formule d’un poème de René Char. En voici les dix propositions saillantes :

Parcours rive gauche : du Musée Bourdelle à la Grande Mosquée, en passant par le Musée Zadkine

  • Anne-Charlotte Finel, la nature comme science-fiction
« Gerridae » (2020), d’Anne-Charlotte Finel, capture vidéo.

L’entrée en matière du parcours Rive gauche est une plongée nocturne dans un jardin, celui du Musée Bourdelle. La vidéaste parisienne Anne-Charlotte Finel investit les interstices du lieu, qui fut l’atelier d’Antoine Bourdelle (1861-1929), et fait cohabiter ses sculptures et la végétation avec un règne animal énigmatique, de pythons albinos en punaises d’eau, offrant des visions crépusculaires frôlant l’abstraction. L’atmosphère de science-fiction sera amplifiée par des nappes de musique électro composées par Voiski.

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