Didier Lallement interdit deux rassemblements prévus samedi à Paris contre les violences policières


Sur la place de la République, à Lille, lors d’une manifestation, le 4 juin.
Sur la place de la République, à Lille, lors d’une manifestation, le 4 juin. PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a déclaré, vendredi 5 juin, que les manifestations contre les violences policières annoncées pour samedi en France « ne devraient pas se tenir » en raison de la situation sanitaire. Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a, lui, annoncé, vendredi, avoir interdit deux rassemblements déclarés dans la capitale devant l’ambassade des Etats-Unis.

« Outre les troubles à l’ordre public que ces rassemblements peuvent générer, à l’instar des incidents et violences commis lors de celui du 2 juin dernier, les risques sanitaires qu’ils [les deux rassemblements] pourraient provoquer restent importants », a écrit la préfecture de police dans un communiqué. Le 2 juin, une manifestation qui avait été interdite a rassemblé au moins 20 000 personnes à l’appel du comité de soutien à la famille d’Adama Traoré, un jeune homme noir mort en 2016 après son interpellation.

Après deux heures de rassemblement dans le calme, des incidents avaient éclaté et le parvis du tribunal de Paris, où le rassemblement avait lieu, s’est peu à peu vidé de ses occupants en même temps qu’il se remplissait de gaz lacrymogènes.

Lire aussi : « Justice pour Adama ! » : 20 000 personnes rassemblées à Paris le 2 juin contre les violences policières

Trouver « une autre manière d’exprimer ce besoin » de manifester

« Si on a interdit les rassemblements de plus de 5 000 personnes dans toute la France et sur la voie publique les rassemblements de plus de 10 personnes, c’est qu’il y a bien une raison », a encore insisté Mme Ndiaye sur Sud Radio. « Il faut que ces gens qui ont envie de manifester trouvent une autre manière d’exprimer ce besoin-là, parce qu’il faut quand même ne pas oublier la situation sanitaire » liée à l’épidémie due au coronavirus, a-t-elle argué.

« Néanmoins ce que ces manifestations révèlent, c’est qu’il y a un certain malaise pour au moins une certaine partie des Français. Donc on doit l’entendre et on doit être capable d’y apporter une réponse », a ajouté la secrétaire d’Etat, en saluant les « mots très forts » du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, qui a promis une « sanction » pour chaque « faute ».

Lire le reportage : « Pas de justice, pas de paix ! » : à Lille, une jeunesse « black-blanc-beur » défile contre le racisme

A propos de l’appel à « se réveiller » et à « dénoncer les violences policières » en France, publié dans L’Obs par l’acteur Omar Sy, la porte-parole dit qu’elle « ne partage pas tout de ce qu’il dit dans sa tribune, mais je pense qu’il a raison, dans le sens où on parle là de racisme dans la police ».

« Je ne crois pas que la police française soit raciste de manière organisée », a-t-elle précisé. Mais « qu’il puisse y avoir des individus qui sont racistes, ça existe dans tous les corps sociaux de la République ». « Il faut rechercher l’apaisement », a-t-elle ajouté, en dénonçant « tous ceux qui jettent de l’huile sur le feu en ayant des propos outranciers, qui mentent sur ce qu’est la réalité de notre pays ».

« Notre pays n’est pas un pays raciste, je le dis et je le redis avec beaucoup de force, et je suis heureuse d’y vivre en tant que femme noire », a-t-elle conclu.

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Le Monde avec AFP



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