« des places d’hébergement d’urgence pour les migrants à la rue » réclamées


Des manifestants installés place de la République à Paris, mardi 24 novembre.

Plusieurs centaines de personnes se sont à nouveau rassemblées place de la République à Paris, mardi 24 novembre. La veille, au même endroit, quelque 450 migrants sans logement étaient violemment expulsés d’un campement qui venait tout juste d’être installé. Les associations organisatrices réclament « des places d’hébergement d’urgence pour les migrants à la rue », la « régulariser leur situation » et la « fin du harcèlement policier » des exilés.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Evacuation des migrants place de la République : « une réponse uniquement répressive alors que l’enjeu est avant tout sanitaire »

Dès 18 heures, dans une foule compacte, se sont mêlés des sans-papiers, des associatifs, des militants, des avocats, des élus et, plus largement, des citoyens se disant tour à tour « indignés », « choqués » et « scandalisés » par l’intervention des forces de l’ordre. Interrogés sur les raisons de leur participation au rassemblement, tous évoquent – unanimes – la « violence des images », celles qui tournent en boucle depuis lundi soir sur les réseaux sociaux et montrent des exilés molestés.

Commentant les faits, Elsa, une enseignante de 35 ans venue avec une amie chercheuse, s’indigne : « C’est inacceptable. Ça faisait longtemps que je n’avais pas manifesté. Mais là c’est trop important. Alors, on a laissé les enfants à la maison, et on est venu. » Pour beaucoup, le rassemblement du jour s’inscrit dans le débat, plus large, sur le projet de loi sur sécurité globale, et les restrictions des possibilités de filmer les policiers. « Tout ça va ensemble. Que se passerait-il si de telles images ne pouvaient plus être montrées ? », s’inquiète Geneviève, une retraitée de 73 ans.

Des poubelles ont été jetées au sol et certaines incendiées, place de la République à Paris, mardi 24 novembre.

Un face-à-face qui se termine par la menace d’une amende

Au pied de la statue de la République, plusieurs collectifs de sans-papiers ont positionné des banderoles pour faire valoir leurs droits. Doukara Demba, un Mauritanien de 41 ans, distribue des flyers avec conviction. La situation des migrants qui ont été délogés la veille fait douloureusement écho à la sienne. Avant d’être régularisé il y a 5 ans, cet agent de nettoyage a passé 15 ans en France sans titre de séjour.

Lire aussi Le point sur l’évacuation du camp de migrants à Paris : coups de matraque et « chasse à l’homme », indignation politique et enquêtes de l’IGPN

« Pendant toutes ces années, ça a été très dur, j’ai été matraqué, gazé. J’ai passé trois mois à Calais dans les campements. Je sais ce qu’ils vivent. C’est pour ça que je n’arrive pas à m’arrêter de lutter. » Et d’interroger : « En France, on parle tout le temps d’égalité. C’est un mot qui est écrit partout. Mais quand on voit l’attitude du gouvernement, on ne comprend pas. Où est l’égalité ? On ne la voit pas ».

Il vous reste 25.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

%d bloggers like this: