Des indices de vie dans l’atmosphère de Vénus ?


Une vue de la surface de Vénus, prise en 1991. La température peut y dépasser les 450°C et la pression 90 atmosphères.

Avec trois lancements cet été vers la Planète rouge, en quête de traces de vie passée, ce devait être l’année martienne. Mais voilà que l’inhospitalière Vénus lui vole la vedette sur la question de la vie extraterrestre. Une équipe anglo-américaine annonce en effet, dans la revue Nature Astronomy du 14 septembre, avoir observé dans les épais nuages de l’étoile du Berger, la marque de la présence d’organismes vivants. Plus précisément, elle pense avoir identifié un gaz, la phosphine, ou phosphure d’hydrogène, de formule pH3, dont l’origine et la quantité dans l’atmosphère ne s’expliquent pas par des mécanismes physico-chimiques abiotiques – non biologiques.

Mais entre cette observation inattendue et la conclusion extraordinaire, la démonstration est loin d’être parfaite, avec des étapes qui restent à confirmer et à éclaircir. Prudents, les chercheurs écrivent d’ailleurs en conclusion que, « même si c’était confirmé, la détection de phosphine n’est pas une preuve solide de vie ».

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Cette hypothèse de la vie sur Vénus est dans l’air depuis longtemps. Le célèbre astronome Carl Sagan, en 1967, dans la revue Nature, explorait déjà un tel scénario. Il privilégiait les nuages a priori moins hostiles que la surface de la planète, où règnent des températures de plus de 450 °C et une pression de 90 atmosphères, soit l’équivalent, sur Terre, d’une plongée à 900 mètres de fond. En altitude, il ne fait plus que quelques dizaines de degrés et la pression est comparable à celle de la Terre. Seul petit détail, l’acidité, à cause de l’acide sulfurique, y est bien plus élevée que dans les pires endroits habitables sur notre planète.

Longueurs d’onde

Reprenons les étapes de la démonstration. Premier maillon, la détection. L’équipe des universités de Cambridge, Cardiff et du MIT a scruté le ciel vénusien à l’aide de deux télescopes, le James Clerk Maxwell (JCMT), à Hawaï, et ALMA, au Chili (opéré par l’Observatoire européen austral). Ces instruments voient quelles longueurs d’onde émises par la surface de Vénus sont absorbées par les composants de son atmosphère. La position des diverses raies d’absorption est une signature des éléments chimiques présents. « Ce sont des mesures difficiles car le contraste entre l’absorption ambiante et celle de la phosphine est très faible, avec en plus un signal d’absorption globale qui fluctue », explique Jane Greaves, responsable de l’équipe à l’université de Cardiff. Le signal attribué à la phosphine est ainsi 10 000 fois plus faible que le signal principal… Un clapotis au milieu d’une mer déchaînée. « Jane et ses collègues observateurs ont travaillé très dur pour extraire ce signal, ce qui n’était pas facile », apprécie Clara Sousa-Silva, membre de l’équipe du MIT et spécialiste de la chimie de la phosphine.

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