de nouvelles données sur la mortalité en réanimation


Un patient transféré en réanimation le 17 avril 2020 à l’hôpital de Mulhouse.

Quel est le pronostic vital du Covid-19 chez les patients hospitalisés en réanimation, et de quels paramètres dépend-il ? Une vague de publications scientifiques apporte de nouveaux éléments sur ce sujet complexe. Et sensible. Rappelons la récente passe d’armes, lors des auditions de la commission d’enquête sur la gestion de la crise à l’Assemblée nationale, entre Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection et promoteur de l’hydroxychloroquine, et le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch. Auditionné le 24 juin, le microbiologiste marseillais avait affirmé que la mortalité du Covid-19 en réanimation était de 16 % localement, mais de 43 % à l’AP-HP. Réagissant par courrier à l’Assemblée nationale à ce qu’il considère être un « faux témoignage », M. Hirsch a ensuite, lors de son audition le 6 juillet, estimé ce chiffre entre 25 et 35 % dans ses hôpitaux.

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Dans une cohorte américaine de 2 215 patients admis en soins intensifs, le taux de mortalité est évalué à 35,4 % à vingt-huit jours, avec de fortes disparités entre les 65 centres (de 6,6 % à 80,8 %), selon un article publié le 15 juillet dans JAMA Internal Medicine. Comme d’autres, Shruti Gupta (Boston, Massachusetts) et ses collègues retrouvent un certain nombre de paramètres associés à un pronostic défavorable : âge avancé, sexe masculin, obésité, atteinte des artères coronaires, cancer, mais aussi dysfonctionnement aigu des organes et admission dans un hôpital peu équipé en lits de réanimation. En Italie, près de la moitié (48,7 %) des 1 715 premiers malades hospitalisés en soins intensifs en Lombardie y sont décédés, selon une autre étude parue simultanément dans la même revue.

Constance et diminution

Une analyse de 24 études observationnelles, incluant au total 10 150 patients hospitalisés en réanimation en Europe, Amérique du Nord et Asie, vient par ailleurs d’être publiée dans la revue Anaesthesia. Le pronostic est très variable selon les études, avec une issue fatale dans 0 à 84,6 % des cas, selon les auteurs, britanniques. En analysant des sous-groupes, ils estiment cependant que la mortalité est assez constante d’un continent à l’autre et suggèrent qu’elle a diminué au cours du temps, passant de 50 % en mars à environ 40 % fin mai. Cette revue de la littérature et ses conclusions laissent toutefois dubitatifs des spécialistes français. « L’hétérogénéité des études sélectionnées, mais aussi l’évolution du recrutement des malades et des prises en charge en réanimation au fil de l’épidémie rendent ce papier très critiquable », tempère l’anesthésiste réanimateur Hervé Quintard (CHU de Nice).

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