Dans les écoles, la reprise s’est presque toujours « mieux passée » que prévu


Des élèves attendent avant d'aller se laver les mains. Rentrée des classes à l'école Paul Langevin de Saint-Martin-d'Hères (Isère), dans l'agglomération grenobloise le 12-05-20. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »

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Publié aujourd’hui à 01h45

« Ça s’est passé… » Dans les écoles primaires qui ont rouvert par étapes cette semaine − une première vague mardi 12 mai, une seconde, avec Paris et Lyon, jeudi 14 − le même refrain raisonne : « Voilà, pour nous, le redémarrage amorcé. » « Nous », ce sont ces milliers d’écoles (86 % sur environ 50 000, selon le ministère, plutôt 60 % tempèrent des syndicats) qui ont de nouveau accueilli leurs premiers écoliers, après deux mois de confinement. En « zone verte » comme en « rouge », quelle que soit la circulation du coronavirus.

Avec des classes de 15 élèves maximum, selon les préconisations sanitaires, mais en réalité souvent moins d’une dizaine, la reprise s’est presque toujours « mieux passée » que ce à quoi la communauté éducative pouvait s’attendre. Sur des rythmes et avec des organisations très disparates d’une ville à l’autre.

« J’ai eu l’impression que les enfants étaient affamés d’apprendre », témoigne anonymement Delphine, directrice d’une petite école élémentaire en Sologne. Deux classes, 70 élèves habituellement, en accueillent trente-cinq depuis le déconfinement. Avec huit enfants dans sa classe le premier jour, sept dès le lendemain, cette professeure chevronnée raconte avoir vécu de « belles premières journées ». « J’étais plutôt anxieuse au démarrage, avant de constater qu’aucun élève ne prenait à la légère les consignes sanitaires, dit-elle. Et puis ils semblaient tellement heureux de se retrouver ! J’ai eu des élèves attentifs, concentrés. Il me semble que c’est quand même beaucoup plus efficace que ce que j’ai pu mettre en place à distance. »

Son « contexte », Delphine le sait, est « privilégié » : ses élèves viennent de trois villages où le virus a peu circulé. La zone est « au vert ». Mais la partie ne lui semble pas gagnée pour autant. « Je joue le jeu de l’enseignante qui veut y croire, mais j’accueille déjà la moitié de mes effectifs habituels. On ne va pas pouvoir monter en puissance sans repenser le protocole sanitaire… Sommes-nous prêts à le faire ? Parce que quinze élèves dans une classe de 50 m2, j’ai fait plein d’essais : ça ne tient pas même en collant les enfants au mur ! »

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De nouvelles ouvertures prévues le 18 mai

Avec de nouvelles ouvertures d’écoles prévues lundi 18 mai, dans les départements franciliens notamment, en parallèle de la remise en marche de 85 % des collèges (ceux en « zone verte » exclusivement), le monde enseignant sent monter les attentes. Le chef de l’Etat a beau avoir assuré, le 11 mai, « préférer une bonne rentrée qu’une rentrée en nombre », les « signaux » sur le terrain, disent-ils, ceux des inspecteurs, des directions d’académies, des rectorats et ceux du ministère de l’éducation dessinent une « autre tendance », celle d’une « montée en puissance ».

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