Dans la campagne Tourangelle, l’Atelier Calder, l’art haut sur la colline


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Publié aujourd’hui à 06h00

Aucun des résidents de l’Atelier Calder n’a jamais réussi à approcher la chatte Sophie, qui veille fidèlement sur la demeure. Il faut dire que tous ici ne sont que de passage, durant un trimestre, laps de temps trop court pour apprivoiser le félin au tempérament sauvage… Alexander Calder, lui, a passé sept ans dans cette bâtisse qu’il a fait édifier au sommet d’une colline de la campagne tourangelle.

En 1953, l’artiste américain, célèbre pour ses mobiles poétiques en métal, rend visite à Jean, le fils de son ami sculpteur Jo Davidson, à Saché, près de Tours. La région lui plaît. Quelques mois plus tard, il échange trois de ses œuvres contre la maison de Jean Davidson (qui deviendra son gendre). Là, dans cette cité chère à Balzac, il retrouve la lumière et les futaies de sa maison-atelier de Roxbury, dans le Connecticut, sur la côte est américaine. Mais il se sent rapidement à l’étroit… Calder arpente la région et, en 1963, tombe amoureux d’une colline, le site du Carroi, qui domine la vallée de l’Indre.

Il décide alors de se lancer dans la construction d’un projet artistique, paysager et architectural à la mesure de ses immenses sculptures. Pour commencer, il faut convaincre les 14 propriétaires des 17 parcelles qu’il convoite de les lui revendre. Il sillonne la campagne aux côtés de son gendre, au volant de sa Citroën ID break grise. « Il a mis six ans à achever cette maison entièrement bâtie à la main, sans grue », raconte Corinne Bouvier, coordinatrice de la résidence.

Immense parallélépipède

L’ensemble est composé de deux bâtiments, où l’artiste passe la moitié de l’année : un atelier et une demeure. Le premier est un immense parallélépipède en brique de 600 mètres carrés dont la façade vitrée, dotée de fenêtres à bascule typiquement américaines, fait face à la vallée. A l’étage, Calder fabrique ses maquettes en aluminium et expose ses œuvres achevées, réalisées par les ateliers de Biémont, des chaudronniers tourangeaux avec lesquels il collabore pour la réalisation de ses œuvres posées au sol (nommées « stabiles »). Le rez-de-chaussée est transformé en atelier de peinture.

Intérieur de l’Atelier Calder, lors de la résidence de l’artiste Barthélémy Toguo, à Saché, en Indre-et-Loire, en décembre 2020.

A quelques pas de là, la maison affiche des atours plus modestes. A l’abri de la forêt, derrière des murs de moellon, elle est flanquée d’une immense serre, un jardin d’hiver où poussent orangers, caoutchoucs et néfliers. Aujourd’hui encore, la très spacieuse pièce à vivre-cuisine est chaleureuse, avec son parquet en chêne et ses fauteuils paillés créés par Charlotte Perriand.

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