cure d’hygiénisme en vue pour la ville de Paris


La place de la Concorde et les Champs-Elysées, le 2 avril.
La place de la Concorde et les Champs-Elysées, le 2 avril. PASCAL ROSSIGNOL/REUTERS

Des distributeurs de masques et de gel hydroalcoolique à tous les coins de rue, des terrasses de café aux tables très espacées, des trottoirs élargis pour que personne ne se frôle, des écoles entièrement réaménagées, moins d’immeubles, moins d’habitants, davantage d’hôpitaux… Dans les semaines, mois et années qui viennent, Paris pourrait bien être transformé en profondeur par l’onde de choc du Covid-19. Avec le retour en force d’une préoccupation sinon oubliée du moins passée à l’arrière-plan depuis un demi-siècle dans la cité du préfet Poubelle : l’hygiène.

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A Paris, lutter contre le coronavirus et empêcher d’autres épidémies de se propager figurent désormais en tête des priorités des élus

Le conseil municipal exceptionnel tenu mardi 28 avril l’a montré, lutter contre le coronavirus et empêcher d’autres épidémies de se propager figurent désormais en tête des priorités des élus, alors que l’Ile-de-France est devenue le principal foyer national de l’épidémie et Paris, la ville la plus endeuillée. Présentant les grandes lignes de son plan de déconfinement, la maire (PS) Anne Hidalgo a mis en avant les 2,2 millions de masques lavables et réutilisables qu’elle a commandés, ainsi que les distributeurs de gel hydroalcoolique et de savon qu’elle compte installer « partout dans l’espace public ».

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Sa rivale Rachida Dati a aussi fait de l’hygiène son cheval de bataille. Au-delà des « bornes de désinfection » qu’elle veut voir fleurir, la maire (Les Républicains) du 7e arrondissement réclame que tout le mobilier urbain soit désinfecté avant la fin du confinement et que les parcs et jardins soient nettoyés. Elle donne ainsi une nouvelle justification, sanitaire, à sa croisade pour la propreté de la ville, axe majeur de sa campagne pour la Mairie.

D’autres élus, de gauche comme de droite, ont insisté sur la nécessité d’accroître les capacités médicales de Paris en rouvrant l’hôpital des armées du Val-de-Grâce (5e) ou les urgences de l’Hôtel-Dieu (4e), récemment fermés.

Au-delà des mesures immédiates, le nouveau souci de l’hygiène pourrait remodeler durablement la ville. Surtout si le coronavirus n’est pas considéré comme une crise de quelques mois, mais une bataille de longue haleine, voire un simple avant-goût d’autres catastrophes, le début d’un nouvel ordre auquel Paris doit s’adapter.

« Il faut repenser notre organisation urbaine jusque dans ses fondamentaux », a déclaré mardi Jérôme Dubus, le président du groupe des macronistes de droite au conseil de Paris. A ses yeux, « se loger, se déplacer, user de l’espace public » sont des « conceptions anciennes à adapter aux enjeux sanitaires nouveaux ».

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