Covid-19 : le variant britannique inquiète


A Marseille, le 11 janvier 2021.

Le diagnostic est inquiétant pour la France : selon les premiers résultats d’une enquête destinée à évaluer son niveau de circulation, le variant britannique du SARS-CoV-2 serait déjà responsable de 1 % à 2 % des cas de Covid-19 actuellement diagnostiqués sur le territoire. Présentée dans le bulletin épidémiologique de Santé publique France du jeudi 14 janvier, l’analyse a porté sur un peu moins de 100 000 échantillons collectés les 7 et 8 janvier dans toutes les régions de France métropolitaine. Sur les 7 454 analyses de RT-PCR qui se sont avérées positives, 281, soit 3,8 %, présentaient un résultat « discordant » signalant la possible présence du VoC 2020.

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Pour déterminer s’il s’agissait bien du variant britannique et pas d’un lointain cousin, les scientifiques ont ensuite regardé de plus près le génome des virus ainsi identifiés. Ce travail de séquençage a montré que le VoC 2020 était à l’origine d’un peu plus du tiers des tests « discordants » en France. Le « signal » varie d’une région à l’autre : ces tests suspects représentent 5,7 % du total en Ile-de-France, 4,6 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 3,2 % en Auvergne-Rhône-Alpes, mais moins de 1 % en Bretagne. Certaines régions semblent totalement épargnées, mais l’analyse des données et le séquençage sont toujours en cours, précise Santé publique France, ajoutant que « cette enquête sera répétée à intervalles réguliers ». Au 14 janvier, la direction générale de la santé comptabilisait 87 cas de contamination par le variant VoC 2020 confirmés par le Centre national de référence (CNR) des infections respiratoires.

Deux dynamiques superposées

Faire barrage à ce virus 50 % à 70 % plus contagieux que les variants du SARS-CoV-2 qui circulaient jusqu’à présent en France s’annonce difficile, estiment les scientifiques. « La situation va rapidement devenir assez critique. Etant donné que ce variant est plus contagieux, il pourrait devenir dominant dès le mois de mars », estime l’épidémiologiste Vittoria Colizza, dont les modèles sont regardés de près par les autorités. « C’est dès maintenant qu’il faut s’en inquiéter, car à ce moment-là l’incidence sera très élevée et la circulation du virus bien plus difficile à contrôler », met en garde la chercheuse, directrice de recherche à l’Inserm.

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Dans les semaines à venir, deux dynamiques épidémiques vont se superposer : celle du SARS-CoV-2 « ancien » et celle du SARS-CoV-2 « nouveau ». Or les mesures mises en place pour contrôler le premier risquent de ne pas être suffisantes pour maîtriser le second. « Nous aurons besoin de mesures plus strictes », juge la scientifique, selon qui nous n’avons plus de temps à perdre compte tenu du niveau élevé des contaminations et de la reprise épidémique qui se dessine déjà.

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